MARTYRE DE SAINT POLYEUCTE
miaix avertis de noire artiflee, soupçonnent de fausseté tout ce qui n*est pas de leur oonnaissanee; si bien que quand nous traitons quel* que histoire éeartée dont ils ne trourent rien dans leur souvenir, ils Tattribuent tout entière à Teffort de notre imagination , et la prennent pour une aventure de roman.
L'un el Tautre de ees effets serait dangereux en eette rencontre : il y va de la gloire de Dieu , qui se platt dans celle de ses saints , dont la mort si précieuse devant ses yeux ne doit pas passer pour fabuleuse devant ceux des hommes. Au lieu de sanctifier notre théâtre par sa rqircscntation, nous y profanerions la sainteté de leurs souffrances, si nous permettions que la crédulité des uns et la défiance des autres, également abusées par ce mélange , se méprissent également en la vénération qui leur est due, et que les premiers la rendissent mal à propos à ceux qui ne la méritent pas, pendant qne les autres la dénieraient à ceux à qui elle appartient.
Saint Polyeucte est un martyr dont , s*il m*est permis de parler ainsi, beaucoup ont plutôt appris le nom à la comédie qu'à l'église. Le Martlfrohge romain en fait mention sur le 18 de février, mais en deux mots, suivant sa coutume; Baronius, dans ses Annales^ n'en dit qu'une ligne; le seul Surius, ou plutôt Mosander, qui Ta augmenté dans les dernières impressions , en rapporte la mort assez au long sur le neuvième de janvier : et j'ai cru qu'il était de mon devoir d'en mettre îd l'abrégé. Gomme il a été à propos d'en rendre la représentation agréable, afin que le plaisir pdt insmuer plus doucement l'utilité, et lui servir comme de véhicule pour la porter dans l'âme du peuple, il est juste aussi de lui donner cette lumière pour démêler la vérité d'avec ses ornements, et lui faire reconnaître ce qui lui doit imprimer du respect comme saint, et ce qui le doit seulement divertir comme industrieux. Voici donc ce que ce dernier nous apprend :
Polyeucte et Néarque étaient deux cavaliers étroitement liés ensemble d'amitié ; ils vivaient en l'an 350, sous l'empire de Décius; leur demeure était dans Métilène , capitale d'Arménie ; leur religion différente , Kéarque étant chrétien , et Polyeucte suivant encore la secte des Gen* tils, mais ayant toutes les qualités dignes d'un chrétien , et une grande inclination à le devenir. L'empereur ayant fait publier un édit très* rigoureux contre les chrétiens, cette publication donna un grand trouble à Méarque, non pour la crainte des supplices dont il était menacé , mais pour l'appréhension qu'il eut que leur amitié ne souffrit quelque séparation ou refroidissement par cet édit , vu les peines qui y étaient proposées à ceux de sa religion, et les honneurs promis à ceux du parti contraire ; il en conçut un si profond déplaisir, que son ami s'en aperçut ; et l'ayant obligé de lui en dire la cause , il prit de là occasion de lui ouvrir son cœur: Ne craignez point, lui dit-il, que l'édit de l'empereur nous désunisse; j'ai vu cette nuit le Christ que vousadoiez; il m'a dépouillé d'une robe sale pour me revêtir d'une