POLYEUCTE, NÉARQUE, PAULINE, STRATONICE
C'est trop verser de pleurs ; il est temps qu'ils tarissent : Que votre douleur cesse, et vos craintes finissent; Malgré les faux avis par vos dieux envoyés , Je suis vivant, Madame, et vous me revoyez.
Le jour est encor long, et, ce qui plus m'effraie, La moitié de l'avis se trouve déjà vraie ; J'ai cru Sévère mort, et je le vois ici.
Je le sais ; mais enfin j'en prends peu de souci. Je suis dans Mélitène, et, quel que soit Sévère, Votre père y commande, et l'on m'y considère. Et je ne pense pas qu'on puisse avec raison D'un cœur tel que le sien craindre une trahison : On m'avait assuré qu'il vous faisait visite , Et je venais lui rendre un honneur t[u'il mérite.
PAULINE
II vient de me quitter assez triste et confus ; Mais j'ai gagné sur lui qu'il ne me verra plus.
Quoi! vous me soupçonnez déjà de quelque ombrage?