‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 178 sur 594 · POLYEUCTE, NÉARQUE, PAULINE, STRATONICE · texte numérisé non relu

POLYEUCTE, NÉARQUE, PAULINE, STRATONICE

C'est trop verser de pleurs ; il est temps qu'ils tarissent : Que votre douleur cesse, et vos craintes finissent; Malgré les faux avis par vos dieux envoyés , Je suis vivant, Madame, et vous me revoyez.

Le jour est encor long, et, ce qui plus m'effraie, La moitié de l'avis se trouve déjà vraie ; J'ai cru Sévère mort, et je le vois ici.

Je le sais ; mais enfin j'en prends peu de souci. Je suis dans Mélitène, et, quel que soit Sévère, Votre père y commande, et l'on m'y considère. Et je ne pense pas qu'on puisse avec raison D'un cœur tel que le sien craindre une trahison : On m'avait assuré qu'il vous faisait visite , Et je venais lui rendre un honneur t[u'il mérite.

PAULINE

II vient de me quitter assez triste et confus ; Mais j'ai gagné sur lui qu'il ne me verra plus.

Quoi! vous me soupçonnez déjà de quelque ombrage?

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