‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 213 sur 594 · A MONSEIGNEUR · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR

L EMIRERTISSIMS

CARDINAL MÀZÀRIN

MONSBIGRBDB,

Je présente le grand Pompée à Votre Éminenee , c'est-à-^ire le plus grand personnage de Tancienne Rome au plus illustre de la nouvelle; je mets sous la protection du premier ministre de notre jeune roi un héros qui, dans sa bonne fortune , fut le protecteur de beaucoup de rois , et qui , dans sa mauvaise , eut encore des rois pour ses ministres. Il espère de la générosité de Votre Éminenee qu'elle ne dédaignera pas de lui conserver cette seconde vie que j'ai tâché de lui redonner, et que, lui rendant cette justice qu'elle fait rendre par tout le royaume , elle le Tengera pleinement de la mauvaise politique de la cour d'Egypte. Il Tespère , et avec raison , puisque , dans le peu de séjour qu'il a fait en France , il a déjà su de la voix publique que les maximes dont vous vous servez pour la conduite de cet État ne sont point fondées sur d'autres principes que ceux de la vertu. Il a su d'elle les obligations que vous a la France de l'avoir choisie pour votre seconde mère, qui vous est d'autant plus redevable, que les grands services que vous lui rendez sont de purs effets de votre inclination et de votre zèle, et non pas des devoirs de votre naissance. Il a su d'elle que Rome s'est acquittée envers notre jeune monarque de ce qu'elle devait à ses prédécesseurs , par le présent qu'elle lui a fait de votre personne. Il a su d'elle enfin que la solidité de votre prudence et la netteté de vos lumières enfantent des conseils si avantageux pour le gouvernement, qu'il semble que ce soit vous à qui, par un esprit de prophétie , notre Virgile ait adressé ce vers il y a plus de seize siècles :

Tif rty«r« imptriê fopuloi , Rowumê , wmmiUo.

Voilà , Monseigneur, ce que ce grand homme a appris en apprenant à parler français :

Pauea, ted a ptêM vtniintia peclore «m.

Et comme la gloire de Votre Éminenee est assurée sur la fidélité de

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