‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 235 sur 594 · SCÈNE IV PTOLOMÉE, PHOTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE IV PTOLOMÉE, PHOTIN

PTOLOMÉE

J'ai suivi tes conseils; mais plus je l'ai flattée.

Et plus dans l'insolence elle s'est emportée;

Si bien qu'enfin, outré de tant d'indignités.

Je m'allais emporter dans les extrémités :

Mon bras, dont ses mépris forçaient la retenue.

N'eût plus considéré César ni sa venue,

Et l'eût mise en état, malgré tout son appui,

De s'en plaindre à Pompée auparavant qu'à lui.

L'arrogante ! à l'ouïr elle est déjà ma reine ;

Et si César en croit son orgueil et sa haine ,

Si, comme elle s'en vante, elle est son cher objet,

De son frère et son roi je deviens son sujet.

Non , non ; prévenons-la : c'est faiblesse d'attendre

Le mal qu'on voit venir sans vouloir s'en défendre :

Otons-lui les moyens de nous plus dédaigner;

Otons-lui les moyens de plaire et de régner;

Et ne permettons pas qu'après tant de bravades.

Mon sceptre soit le prix d'une de ses œillades.

PHOTIN

Seigneur, ne donnez point de prétexte à César Pour attacher l'Egypte aux pompes de son char. Ce cœur ambitieux, qui, par toute la terre. Ne cherche qu'à porter l'esclavage et la guerre, Enfl*é de sa victoire, et des ressentiments Qu'une perte pareille imprime aux vrais amants,

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