SCÈNE IV PTOLOMÉE, PHOTIN
PTOLOMÉE
J'ai suivi tes conseils; mais plus je l'ai flattée.
Et plus dans l'insolence elle s'est emportée;
Si bien qu'enfin, outré de tant d'indignités.
Je m'allais emporter dans les extrémités :
Mon bras, dont ses mépris forçaient la retenue.
N'eût plus considéré César ni sa venue,
Et l'eût mise en état, malgré tout son appui,
De s'en plaindre à Pompée auparavant qu'à lui.
L'arrogante ! à l'ouïr elle est déjà ma reine ;
Et si César en croit son orgueil et sa haine ,
Si, comme elle s'en vante, elle est son cher objet,
De son frère et son roi je deviens son sujet.
Non , non ; prévenons-la : c'est faiblesse d'attendre
Le mal qu'on voit venir sans vouloir s'en défendre :
Otons-lui les moyens de nous plus dédaigner;
Otons-lui les moyens de plaire et de régner;
Et ne permettons pas qu'après tant de bravades.
Mon sceptre soit le prix d'une de ses œillades.
PHOTIN
Seigneur, ne donnez point de prétexte à César Pour attacher l'Egypte aux pompes de son char. Ce cœur ambitieux, qui, par toute la terre. Ne cherche qu'à porter l'esclavage et la guerre, Enfl*é de sa victoire, et des ressentiments Qu'une perte pareille imprime aux vrais amants,