‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 242 sur 594 · ACTE m, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE III

Et si j'étais César, je la voudrais aimer.

CÉSAR

Comme a-t-elle reçu les offres de ma flamme?

ANTOINE

Comme n'osant la croire , et la croyant dans l'âme *, Par un refus modeste et fait pour inviter. Elle s'en dit indigne , et la croit mériter.

CÉSAR

En pourrai-je être aimé?

ANTOINE

Douter qu'elle vous aime , Elle qui de vous seul attend son diadègie , Qui n*espère qu'en vous! douter de ses ardeurs. Vous qui la pouvez mettre au faite des grandeurs ! Que votre amour sans crainte à son amour prétende ; Au vainqueur de Pompée il faut que tout se rende ; Et vous réprouverez. Elle craint toutefois L'ordinaire mépris que Rome fait des rois ; Et surtout elle craint Tamour de Calpumie : Mais, Tune et l'autre crainte à votre aspect bannie, Tous ferez succéder un espoir assez doux, Lorsque vous daignerez lui dire un mot pour vous.

CÉSAR

Allons donc l'affranchir de ces frivoles Craintes, Lui montrer de mon cœur les sensibles atteintes ; Allons, ne fardons plus.

ANTOINE

Avant que de la voir, Sachez que Cornélie est en votre pouvoir; Septime vous l'amène, orgueilleux de son crime. Et pense auprès de vous se mettre en haute estime : Dès qu'ils ont abordé, vos chefs, par vous instruits. Sans leur rien témoigner, les ont ici conduits.

CÉSAR

Qu'elle entre. Ah! l'importune et fâcheuse nouvelle! Qu'à mon impatience elle semble cruelle 1 0 ciel! et ne pourrai-je enfin à mon amour Donner en' liberté ce qui reste du jour?

3«0 POMPÉE

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