‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 261 sur 594 · CORNÉLIE. CLÉOPATRE, ACHORÉE. PHILIPPE, CHARMION · texte numérisé non relu

CORNÉLIE. CLÉOPATRE, ACHORÉE. PHILIPPE, CHARMION

GLÉOPATRE.

Hélas! sur son visage Rien ne s'offre à mes yeux que de mauvais^ présage. Ne nous déguisez rien, parlez sans me flatter: Qu*ai-je à craindre, Achorée? ou qu*ai-je à regretter?

AGHORÉE.

Aussitôt que César eut su la perfidie...

GLÉOPATRE.

Ce ne sont pas ces soins que je yeux qu'on me die ;

Je sais qu'il fit trancher et clore ce conduit

Par où ce grand secours devait être introduit ;

Qu'il manda tous les siens pour s'assurer la place

Où Photin a reçu le prix de son audace;

Que d'un si prompt supplice Achillas étonné

S'est aisément saisi du port abandonné;

Que le roi l'a suivi ; qu'Antoine a mis à terre

Ce qui dans ses vaisseaux restait de gens de guerre;

Que César l'a rejoint; et je ne doute pas

Qu'il n'ait su vaincre encore, et punir Achillas.

ACHORÉE

Oui, Madame, on a vu son bonheur ordinaire...

GLÉOPATRE.

Dites-moi seulement s'il a sauvé mon frère. S'il m'a tenu promesse.

ACHORÉE

Oui, de tout son pouvoir.

C'est là l'unique point que je voulais savoir. Madame, vous voyez, les dieux m'ont écoutée.

Ds n'ont que différé la peine méritée.

GLÉOPATRE.

Vous la vouliez sur l'heure, ils l'en ont garanti.

ACHORÉE

n faudrait qu'à nos vœux il eûtr mieux consenti.

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