‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 266 sur 594 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

Et que Totre bonté, sensible à ma prière. Pour un fidèle amant oublie un mauvais frère. On aura pu vous dire avec quel déplaisir J'ai Yu le désespoir qu'il a voulu choisir ; Avec combien d'efforts j'ai voulu le défendre Des paniques terreurs qui l'avaient pu surprendre. Il s'est de mes bontés jusqu'au bout défendu. Et de peur de se perdre il s'est enfin perdu. 0 honte pour César, qu'avec tant de puissance. Tant de soins pour vous rendre entière obéissance, n n'ait pu toutefois , en ces événements , Obéir au premier de vos commandements ! Prenez-vous-en au ciel , dont les ordres sublimes , Malgré tous nos efforts , savent punir les crimes ; Sa rigueur envers lui vous ouvre un sort plus doux, Puisque par cette mort l'Egypte est toute à vous.

CLÉOPATRE

Je sais que j'en reçois un nouveau diadème ,

Qu'on n'en peut accuser que les dieux et lui-même :

Hais comme il est, Seigneur, de la fatalité

Que l'aigreur soit mêlée à la félicité ,

Ne vous offensez pas si cet heur de vos armes.

Qui me rend tant de biens, me coûte un peu de larmes.

Et si, voyant sa mort due à sa trahison ,

Je donne à la nature ainsi, qu'à la raison.

Je n'ouvre point les yeux sur ma grandeur si proche ,

Qu'aussitôt à mon cœur mon sang ne le reproche ;

J'en ressens dans mon Ame un murmure secret.

Et ne puis remonter au trône sans regret.

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