‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 284 sur 594 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Car Alcippe, après tout, vaut toujours mieux que rien ; Son père peut venir, quelque longtemps qu'il tarde.

ISABELLE

Pour en venir à bout sans que rien s'y hasarde, Lucrèce est votre amie, et peut beaucoup pour vous; Elle n'a point d'amant qui devienne jaloux : Qu'elle écrive à Dorante, et lui fasse paraître Qu'elle veut cette nuit le voir par sa fenêtre. Comme il est jeune encore, on l'y verra voler; Et là, sous ce faux nom, vous pourrez lui parler. Sans qu'Alcippe jamais en découvre l'adresse, Ni que lui-même pense à d'autre qu'à Lucrèce.

GLARIGE.

L'invention est belle; et Lucrèce aisément

Se résoudra pour moi d'écrire un compliment :

J'admire ton adresse à trouver cette ruse.

ISABELLE

Pui&je vous dire encor que, si je ne m'abuse, Tantôt cet inconnu ne vous déplaisait pas?

GLARIGE.

Ah! bon Dieu! si Dorante avait autant d'appas, Que d'Alcippe aisément il obtiendrait la place !

ISABELLE

Ne parlez point d'Alcippe ; il vient.

GLARIGE.

Qu'il m'embarrasse !

Va pour moi chez Lucrèce , et lui dis mon projet, Et fout ce qu'on peut dire en un pareil sujet.

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