ACTE II, SCÈNE V
Qu'elle pousse la porte et s*eiiferme avec moi. Soudain nous entassons, pour défenses nouvelles, Bancs, tables, coffres, lits, et jusqu'aux escabelles, Nous nous barricadons, et, dans ce premier. feu, Nous croyons gagner tout à différer un peu. Hais comme à ce rempart l'un et l'autre travaille » D'une chambre voisine on perce la muraille : Alors me voyant pris, il fallut composer.
(Ici Qariea la Toit de u fenêtre; et Lucrèce, avec Isabelle, les toU aassi
de la sienne. ) j
GÉRONTE. I
C'est-À-dire, en français, qu'il fallut l'épouser? i
DORANTE. I
Les siens m'avaient trouvé de nuit seul avec elle, |
Ils étaient les plus forts, elle me semblait belle,
Le scandale était grand, son honneur se perdait :
A ne le faire pas ma tète en répondait;
Ses grands efforts pour moi, son péril , et ses larmes,
A mon cœur amoureux étaient de nouveaux charmes :
Donc , pour sauver ma vie ainsi que son honneur,
Et me mettre avec elle au comble du bonheur.
Je changeai d'un seul mot la tempête en bonace ,
Et fis ce que tout autre aurait fait en ma place.
Choisissez , maintenant de me voir ou mourir.
Ou posséder un bien qu'on ne peut trop chérir.
GÉRONTE
Non , non , je ne suis pas si mauvais qu^ tu penses , Et trouve en ton malheur de telles circonstances. Que mon amour t'excuse ; et mon esprit touché Te blâme seulement de l'avoir trop caché.
DORANTE
Le peu de bien qu'elle a me fadsait vous le taire.
GÉRONTE
Je prends peu garde au bien , afin d'être bon père. Elle est belle , elle est sage , elle sort de bon lieu, Tu l'aimes , elle t'aime ; il me suffit. Adieu : Je vais me dégager du père de Clarice.