‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 338 sur 594 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Pour armer voire cœur contre un si triste sort. Malgré Téclat du trône et l'amour d'une femme , Faisons si bien régner l'amitié sur notre âme , Qu'étouffant dans leur perte un regret suborneur, Dans le bonheur d'un frère on trouve son bonheur. Ainsi ce qui jadis perdit Thèbes et Troie Dans nos cœurs mieux unis ne versera que joie : Ainsi notre amitié, triomphante à son tour, Vaincra la jalousie en cédant à l'amour; Et, de notre destin bravant l'ordre barbare. Trouvera des douceurs aux maux qu'il nous prépare.

ANTIOCHUS

Le pourrez-vous , mon frère?

SÉLEUCUS

Ah ! que vous me pressez !

Je le voudrai du moins, mon frère, et c'est assez; Et ma raison sur moi gardera tant d'empire. Que je désavoûrai mon cœur, s'il en soupire.

ANTIOCHUS

J'embrasse comme vous ces nobles sentiments. Hais allons leur donner le secours des serments , Afin qu'étant témoins de l'amitié jurée Les dieux contre un tel coup assurent sa durée.

SÉLEUCUS

Allons, allons l'étreindre au pied de leurs autels, Par des liens sacrés et des nœuds immortels.

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