‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 361 sur 594 · ANTIOCHUS, RODOGUNE · texte numérisé non relu

ANTIOCHUS, RODOGUNE

Prince , qu'ai-je entendu ? parce que je soupire , Vous présumez que j'aime, et vous m'osez le dire! Est-ce un frère, est-ce vous, dont la témérité S'imagine. ••

ANTIOCHUS

Apaisez ce courage irrité, Princesse; aucun de nous ne serait téméraire Jusqu'à s'imaginer qu'il eût l'heur de vous plaire : Je vois votre mérite et le peu que je vaux. Et ce rival si cher connaît mieux ses défauts. Mais si tantôt ce cœur parlait par votre bouche , Il veut que nous croyions qu'un peu d'amour le touche , Et qu'il daigne écouter quelques-uns de nos vœux. Puisqu'il lient à bonheur d'être à l'un de nous deux. Si c'est présomption de croire ce miracle. C'est une impiété de douter de l'oracle , Et mériter les maux où vous nous condamnez , Qu'éteindre un bel espoir que vous nous ordonnez. Princesse, au nom des dieux, au nom de cette flamme..

Un mot ne fait pas voir jusques au fond d'une âme ; Et votre espoir trop prompt prend trop de vanité Des termes obligeant de ma civilité.

Je l'ai dit, il est vrai ; mais, quoi qu'il en puisse être, Méritez cet amour que vous voulez connaître. Lorsque j'ai soupiré , ce n'était pas pour vous ;

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