‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 363 sur 594 · ACTE IV, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IL

Je Toudrais tous haïr, s'il m*avait obéi; Et je n'estime ims l'honneur d'une yengeance Jusqu'à vouloir d'un crime être la récompense. Rentrons donc sous les lois que m'impose la paix. Puisque m'en afiranchir c'est vous perdre à jamais. Prince , en votre faveur je ne puis davantage : L'orgueil de ma naissance enfle encor mon courage; Et , quelque grand pouvoir que l'amour ait sur moi , Je n'oublirai jamais que je me dois un roi. Oui , malgré mon amour, j'attendrai d'une mère Que le trône me donne ou vous ou votre frère. Attendant son secret vous aurez mes désirs ; Et , s'il le fait régner, vous aurez mes soupirs : C'est tout ce qu'à mes feux ma gloire peut permettre, Et tout ce qu'à vos feux les miens osent promettre.

ANTIOCIIUS.

Que voudrais-je de plus? son bonheur est le mien : Rendez heureux ce frère, et je ne perdrai rien. L'amitié le consent, si l'amour l'appréhende. Je bénirai le ciel d'une perte si grande; Et, quittant les douceurs de cet espoir flottant, Je mourrai de douleur, mais je mourrai content.

Et moi, si mon destin entre ses mains me livre, Pour un autre que vous s'il m'ordonne de vivre, Mon amour... Mais adieu; mon esprit se confond. Prince, si votre flamme à la mienne répond. Si VOU& n'êtes ingrat à ce cœur qui vous aime. Ne me revoyez point qu'avec le diadème.

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