‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 394 sur 594 · LÉONTINE, EUDOXE · texte numérisé non relu

LÉONTINE, EUDOXE

LÉONTINE

Voilà ce que j'ai craint de son âme enflammée.

EUDOXE

S'il m'eût caché son sort, il m'aurait mal aimée.

LÉONTINE

Avec trop d'imprudence il vous l'a révélé.

Vous êtes fille, Eudoxc, et vous avez parlé :

Vous n'avez pu savoir cette grande nouvelle

Sans la dire à l'oreille à quelque âme infidèle ,

A quelque esprit léger, ou de votre heur jaloux ,

A qui ce grand secret a pesé comme à vous.

C'est par là qu'il est su, c'est par là qu'on publie

Ce prodige étonnant d'Héraclius en vie ;

C'est par là qu'un tyian , plus instruit que troublé

De l'ennemi secret qui l'aurait accablé ,

Ajoutera bientôt sa mort à tant de crimes.

Et se sacrifira pour nouvelles victimes

Ce prince dans son sein pour son fils élevé.

Vous qu'adore son âme^ et moi qui l'ai sauvé.

Voyez combien de maux pour n'avoir su vous taire I

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