ACTE II, SCÈNE II
EUDOXE
Madame , mon respect souffre tout d*une mère» Qui , pour peu qu'elle veuille écouter la raison , Ne m'accusera plus de cette trahison ; Car c'en est une enfin bien digne de supplice, Qu'avoir d'un tel secret donné le moindre indice.
LÉONTINE
Et qui donc aujourd'hui le fait connaître à tous? Est-ce le prince, ou moi?
EUDOXE
Ni le prince, ni vous.
De grâce, examinez ce bruit qui vous alarme. On dit qu'il est en vie , et son nom seul les charme. On ne dit point comment vous trompâtes Phocas » Livrant un de vos fils pom* ce prince au trépas, Ni comme après, du sien étant la gouvernante, Par une tromperie encor plus importante , Vous en fîtes l'échange, et, prenant Mariian, Vous laissâtes pour fils ce prince à son tyran : En sorte que le sien passe ici pour mon frère, Cependant que de l'autre il croit être le père, Et voit en Mariian Léonce qui n'est plus. Tandis que sous ce nom il aime Héraclius. On dirait tout cela si , par quelque imprudence , n m'était échappé d'en faire confidence ; Mais, pour toute nouvelle, on dit qu'il est vivant; Aucun n'ose pousser l'histoire plus avant. Comme ce sont pour tous des routes inconnues , Il semble à quelques-uns qu'il doit tomber des nues; Et j'en sais tel qui croit, dans sa simplicité. Que pour punir Phocas Dieu l'a ressuscité. Mais le voici.