‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 406 sur 594 · SCÈNE I MARTIAN, PULCHÉRIE · texte numérisé non relu

SCÈNE I MARTIAN, PULCHÉRIE

MARTIAN

Je veux bien l'avouer, Madame, car mon cœur A de la peine encore à vous nommer ma sœur, Quand , malgré ma fortune à vos pieds abaissée ^ J'osai jusques à vous élever ma pensée. Plus plein d'étonnement que de timidité , J'interrogeais ce cœur sur sa témérité ; Et dans ses mouvements, pour secrète réponse. Je sentais quelque chose au-dessus de Léonce, Dont, malgré ma raison, l'impérieux effort Emportait mes désirs au delà de mon sort.

PULCHÉRIE

Moi-même assez souvent j'ai senti dans mon âme Ma naissance en secret me reprocher ma flamme. Mais quoi! l'impéiatrice, à qui je dois le jour, Avait innocemment fait naître cet amour : J'approchais de quinze ans , alors qu'empoisonnée Pour avoir contredit mon indigne hyménée.

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