ACTE IV, SCÈNES IV
HÉRAGLIUS.
Elle-même.
XARTIAN.
Ah! ciel! quelle est sa ruse!
Harlian aimé Eudoxe, et sa mère Fabuse. Par rboneur d'un hymen qu*U croit incestueux» De ce prince à sa fille elle assure les vœux; Et son ambition, adroite à le séduire, Le plonge en une erreur dont elle attend Tempire. Ce n'est que d'aujourd'hui que je sais qui je suis ; Hais de mon ignorance elle espérait ces fruits. Et me tiendrait encor la vérité cachée, Si tantôt ce billet ne l'en eût arrachée.
PHOGAS.
La méchante l'abuse aussi bien que Phocas.
EXUPÈRE
Elle a pu l'abuser, ou ne l'abuser pas.
PHOCAS
Tu vois comme la fille a part au stratagème.
EXUPÈRE
Et que la mère a pu l'abuser elle-même.
PHOCAS
Que de pensers divers! que de soucis flottants!
EXUPÈRE
Je vous en tirerai , Seigneur, dans peu de temps.
Dis-moi, tout est-il prêt pour ce juste supplice?
EXUPÈRE
Oui , si nous connaissons le vrai fils de Maurice.
HÉRAGLIUS.
Pouvez-vous en douter après ce que j'ai dit?
XARTIAN.
Donnez-vous à l'erreur encor quelque crédit?
HÉRAGLIUS, àMarUao.
Ami, rends-moi mon nom : la faveur n'est pas grande; Ce n'est que pour mourir que je te le demande. Reprends ce triste jour que tu m'as racheté. Ou rends-moi cet honneur que tu m'as presque 6té.
XARTIAN.
Pourquoi, de mon tyran volontaire victime. Précipiter vos jours pour me noircir d'un crime?
6Z2 HËRACLIUS.
Prince, qui que je sois, j*ai conspiré sa mort. Et nos noms au dessein doiment un divers sort : Dedans Héraclius il a gloire solide, Et dedans Martian il devient parricide.
Puisqu'il faut que je meure illustre ou criminel, Couvert, ou de louange, ou d'opprobre éternel. Ne souillez point ma mort, et ne veuillez pas faire Du vengeur de Tempire un assassin d*un père.
HËRACLIUS.
Mon nom seul est coupable; et, sans plus disputer. Pour te faire innocent tu n'as qu'à le quitter; II conspira lui seul, tu n'en es point complice. Ce n'est qu'Héraclius qu'on envoie au supplice : Sois son fils, tu vivras.
■ARTIAN.
Si je l'avais été.
Seigneur, ce traître en vain m'aurait sollicité; Et, lorsque contre vous il m'a fait entreprendre, La nature en secret aurait su m'en défendre.
HÉRACLIUS
Apprends donc qu*en secret mon cœur t'a prévenu. J'ai voulu conspirer , mais on m'a retenu ; Et dedans mon péril Léontine timide...
MARTIAN
N'a pu voir Martian commettre un parricide.
HÉRACLIUS
Toi, que de Pulchérie elle a fait amoureux. Juge sous les deux noms ton dessein et tes feux. Elle a rendu pour toi Tun et l'autre funeste, Marlian parricide, Héraclius inceste.
Et n'eût pas eu pour moi d'horreur d'un grand for&it, Puisque dans ta personne elle en pressait l'effet. Mais elle m'empêchait de hasarder ma tête, Espérant par ton bras me livrer ma conquête. Ce favorable aveu dont elle l'a séduit T'exposait aux périls pour m'en donner le fruit; Et c'était ton succès qu'attendait sa prudence, Pour découvrir au peuple ou cacher ma naissance.
PHOCAS
Hélas! je ne puis voir qui des deux est mon fils; Et je vois que tous deux ils sont mes ennemis.