ACTE IV, SCÈNE V
LÉONTINB.
Je m*en consolerai quand je verrai Phocas Croire affermir son sceptre en se coupant le bras. Et de la même main son ordre tyrannique Venger Héraclius dessus son fils unique.
PHOGAS.
Quelle reconnaissance, ingrate! tu me rends Des bienfaits répandus sur toi, sur tes parents, De t'avoir confié ce fils que tu me caches , D'avoir mis en tes mains ce cœur que tu m'arraches , D'avoir mis à tes pieds ma cour qui t'adorait! Rends-moi mon fils, ingrate.
LÉONTINE
Il m'en désavoûrait, Et ce fils, quel qu*il soit, que tu ne peux connaître, A le cœur assez bon pour ne vouloir pas l'être. Admire sa vertu qui trouble ton repos.
C'est du fils d'un tyran que j'ai fait ce héros ; Tant ce qu'il a reçu d'heureuse nourriture Dompte ce mauvais sang qu'il eut de la nature ! C'est assez dignement répondre à tes bienfaits Que d'avoir dégagé ton fils de tes forfaits. Séduit par ton exemple et par sa complaisance, Il t'aurait ressemblé, s'il eût su sa naissance : Il serait lAche, impie, inhumain comme toi! Et tu me dois ainsi plus que je ne te doi.
BXUPÉRE.
L'impudence et l'orgueil suivent les impostures.
Ne vous exposez plus à ce torrent d'injures.
Qui, ne faisant qu'aigrir votre ressentiment.
Vous donne peu de jour pour ce discernement.
Laissez-la-moi, Seigneur, quelques moments en garde;
Puisque j'ai commencé, le reste me regarde :
Malgré l'obscurité de son illusion,
Tespère démêler cette confusion.
Vous savez à quel point l'affaire m'intéresse.
PHOCAS
Achève, si tu peux, par force ou par adresse, Exupère; et sois sûr que je te devrai tout, Si l'ardeur de ton zèle en peut venir à bout! Je saurai cependant prendre à part l'un et l'autre;
536 HËRACLIUS.
El peut-être qu'enfin nous trouverons le nôtre.
Agis de ton côté ; je la laisse avec toi :
Gêne 9 flatte, surprends. Vous autres, suivea^noi.