PHOCAS, HÉRACLIUS, MARTIAN, CRISPE, EXUPÈRE, LÉONTINE
CRISPE, à Phocas.
Seigneur, ma diligence enfin a réussi :
J'ai trouvé Léontine, et je l'amène ici. I
PHOCAS, iLéontine. I
Approche , malheureuse ! |
HÉRACLIUS, àLéontise. \
Avouez tout. Madame. |
J'ai tout dit |
534 HÉRACLIUS-
LÉONTrNE, àHéracUot,
Quoi, Seigneur!
PHOGAS.
Tu l'ignores, infflme! Qui des deux est mon fils?
LÉONTINE
Qui vous en fait douter î
HÉRAGLIUS, àLéontine.
Le nom d'Héraclius que son fils veut porter. Il en croit ce billet et votre témoignage ; Mais ne le laissez pas dans Terreur davantage.
PHOGAS.
N'attends pas les tourments, ne me déguise rien* ftTas-tu livré ton fils? as-tu changé le mien?
LÉONTINE
Je t'ai livré mon fils, et j'en aime la gloire. Si je parle du reste, oseras-tu m'en croire? Et qui t'assurera que pour Héraclius, Moi qui t'ai tant trompé, je ne te trompe plus?
PHOGAS.
N'importe, fais-nous voir quelle haute prudence En des temps si divers leur en fait confidence, A l'un depuis quatre ans, à l'autre d'aujourd'hui.
LÉONTINE
Le secret n'en est su ni de lui, ni de lui;
Tu n'en sauras non plus les véritables causes :
Devine, si tu peux; et choisis, si tu l'oses.
L'un des deux est ton fils ; l'autre , ton empereur.
Tremble dans ton amour, tremble dans ta fureur.
Je te veux toujours voir, quoi que ta rage fasse.
Craindre ton ennemi dedans ta propre race,
Toujours aimer ton fils dedans ton ennemi.
Sans être ni tyran ni père qu*à demi.
Tandis qu'autour des deux tu perdras ton étude,
Mon âme jouira de ton inquiétude;
Je rirai de ta peine; ou, si tu m'en punis,
Tu perdras avec moi le secret de ton fils.
PHOGAS.
Et si je les punis tous deux sans les connaître, L'un comme Héraclius, l'autre pour vouloir l'être?