ACTE V, SCÈNE VII
HÉRACLIUS
Que nous dis-^tu?
AMINTAS
ûu*à tort VOUS nous prenez pour traîtres; Qu'il n'est plus de tyran; que vous êtes les maîtres.
HÉRACLIUS
De quoi?
AMINTAS
De tout l'empire.
MARTIAN
Et par toi ?
AHIJNTAS.
Non, Seigneur, Un autre en a la gloire , et j'ai part à l'honneur.
HÉRAGLIUS.
Et quelle heureuse main finit notre misère ?
AMINTAS
Princes 9 l'auriez-YOus cru? c'est la main d'Exupère.
MARTIAN
Lui, qui me trahissait?
AMINTAS
C'est de quoi s'étonner :
Il ne vous trahissait que pour vous couronner.
HÉRAGLIUS.
N'a-t-il pas des mutins dissipé la furie?
AMINTAS
Son ordre excitait seul cette mutinerie.
MARTIAN
n en a pris les chefs, toutefois?
AMINTAS
Admirez Que ces prisonniers même avec lui conjurés Sous cette illusion couraient à leur vengeance. Tous contre ce barbare étant d'intelligence , Suivis d'un gros d'amis , nous passons librement , Au travers du palais, à son appartement. La garde y restait faible et sans aucun ombrage; Crispe même à Phocas porte notre message. n vient; à ses genoux on met les prisonniers. Qui tirent pour signal leurs poignards les premiers. Le reste, impatient dans sa noble colère,
650 HÉRACLIUS
Enferme la victime; et soudain Exupëre :
< Qu'on arrête, dit-il; le premier coup m*est dû :
€ C'est lui qui me rendra l'honneur presque perdu. »
Il frappe , et le tyran tombe aussitôt sans vie ,
Tant de nos mains la sienne est promptement suivie.
Il s'élève un grand bruit, et mille cris confus
Ne laissent discerner que Vive Héraclius!
Nous saisissons la porte, et les gardes se rendent
Mêmes cris aussitôt de tous côtés s'entendent ;
Et de tant de soldats qui lui servaient d'appui,
Phocas, après sa mort, n'en a pas un pour lui.
PULCBÉRIE.
Quel chemin Exupère a pris pour sa ruine !
AMINTAS
Le voici qui s'avance avecque Léontine.