ARGUMENT
fsivorables regards de la reine D. Isabelle, sa sœur et son héritière, et de la jeune princesse d'Aragon , D. Elvire, que l'admiration de ses belles actions avait portées toutes deux jusques à Taimer, maisd*un amoar étouffé par le souvenir de ce qu'elles devaient à la dignité de leur naissance. Lui-même avait conçu aussi de la passion pour toutes deux , sans oser prétendre à pas une, se croyant si fort indigne d'elles. Cependant tous les grands de Castille ne voyant point de rois voisins qui pussent épouser leur reine , prétendant à l'envi l'un de l'autre à son mariage, et étant près de former une guerre civile pour ce sujet , les États du royaume la supplient de choisir un mari, pour éviter les malheurs qu'ils en prévoyaient devoir naître. Elle s'en excuse comme ne connaissant pas assez particulièrement le mérite de ses prétendants , et l^ir commande de choisir eux-mêmes les trois qu'ils en jugent les plus dignes , les assurant que, s'il se i^encontre quelqu'un entre ces trois pour qui elle puisse prendre quelque inclination, elle l'épousera. Ils obéissent , et loi nomment D. Manrique de Lare , D. Lope de Gusman , et D. Alvar de Lune, qui, bien que passionné pour la princesse D. Elvîre, eût cru faire une lâcheté, et offenser sa reine, s'il eût rejeté l'honneur qu'il recevait de son pays par cette nomination. D'autre côté, les Aragonais, ennuyés de la tyrannie de D. Garcie et de D. Ramire , son fils , les chassent de Saragosse, et, les ayant assiégés dans la forteresse de Jaca , envoient des députés à leurs princesses, réfugiées en Castille, pour les prier de revenir prendre possession d'un royaume qui lear appartenait. Depuis leur départ, ces deux tyrans ayant été tués &ï la prise de Jaca , D. Raymond , qu'ils y tenaient prisonnier depuis six ans, apprend à ces peuples que D. Sancbe , leur prince ,.était vivant , et part aussitôt pour le chercher à Buhierça , où il apprend que le pêcheur, qui le croyait son fils, l'avait perdu depuis huit ans, et l'était allé chercher en Castille , sur quelques nouvelles qu'il en avait eues par un soldat qui avait servi sous lui contre les Maures. Il pousse auss tôt de ce côté-là , et jomt les députés comme ils étaient près d'arriver. C'est par son arrivée que l'aventurier Carlos est reconnu pour le prince D. Sancbe; après quoi la reine D. Isabelle se donne à lui , du consentement même des trois que ses États lui avaient nommés ; et D. Alvar en obtient la prin* cesse D. El vire, qui , par celte reconnaissance , se trouve être sa sccur.
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DON SANCHE