ACTE II, SCENE II
De m*en être remise à qui porte une épée Et trouve occasion , dessous cette couleur. De Venger le mépris qu'on fait de sa valeur. Je devais par mon choix étouffer cent querelles ; Et Tordre que j'y tiens en forme de nouvelles. Et jette entre les grands, amoureux de mon rang, Une nécessité de répandre du sang.
Hais j'y saurai pourvoir.,
BLANCHE
C'est un pénible ouvrage D'arrêter un combat qu'autorise l'usage , Que les lois ont réglé , que les rois vos aïeux *
Daignaient assez souvent honorer de leurs yeux : On ne s'en dédit point sans quelque ignominie. Et l'honneur aux grands cœurs est plus cher que la^vie.
D. ISABELLE
Je sais ce que tu dis, et n'irai pas de front
Faire un commandement qu'ils prendraient pour affront.
Lorsque le déshonneur souille l'obéissance.
Les rois peuvent douter de leur toute-puissance :
Qui la hasarde alors n'en sait pas bien user ;
Et qui veut pouvoir tout ne doit pas tout oser.
Je romprai ce combat feignant de le permettre ,
Et je le tiens rompu si. je puis le remettre.
Les reines d'Aragon pourront même m'aider.
Voici déjà Carlos que je viens de mander :
Demeure; et tu verras avec combien d'adresse
Ma gloire de mon âme est toujours la mailresse.