ACTE 1, SGÈKS I
Par son ordre et le mien , la reine d'Arménie Est due à rhéritier du roi de Bilhynie , Et ne prendra jamais un cœur assez abject Pour se laisser réduire à l'hymen d'un sujet : Heltez-Yous en repos.
NIGOHÈDE.
Et le puis-je. Madame, Vous voyant exposée aux fureurs d'une femme Qui j pouvant tout ici , se croira tout permis Pour se mettre eu état de voir régner son fils? n n'est rien de si saint qu'elle ne fasse enfreindre. . Qui livrait Ânnibal pourra bien vous contraindre, Et saura vous garder môme fidélité Qu'elle a gardée aux droits de l'hospitalité.
LAODICE
Mais ceux de la nature ont-ils un privilège
Qui vous assure d'elle après ce sacrilège?
Seigneur, votre retour, loin de rompre ses coups.
Vous expose vous-même , et m'expose après vous.
Gomme il est fait sans ordre , il passera pour crime ;
Et vous serez bientôt la première victime
Que la mère et le fils, ne pouvant m'ébranler,
Pour m'ôter mon appui se voudront immoler.
Si j'ai besoin de vous de peur qu'on me contraigne ,
J'ai besoin que le roi, qu'elle-même vous craigne.
Retournez à l'armée, et, pour me protéger,
Montrez cent mille bras tout prêts à me venger.
Parlez la force en main , et hors de leur atteinte :
S'ils vous tiennent ici , tout est pour eux sans crainte ;
Et ne vous flattez point ni sur votre grand cœur,
Ni sur l'éclat d'un nom cent et cent fois vainqueur :
Quelque haute valeur que puisse être la vôtre,
Vous n'avez en ces lieux que deux bras comme un autre ;
Et, fussie^vous du monde et l'amour et l'effroi ,
Quiconque entre au palais porte sa tête au roi.
Je vous le dis encor, retournez à l'armée;
Ne montrez à la cour que votre renommée ;
Assurez votre sort pour assurer le mien ;
Faites que l'on vous craigne, et je ne craindrai rien.
NICOMÉDE.
Retourner à l'armée ! ah ! sachez que la reine
€32 NICOMÊDE.
La sème d'assassins achetés par sa haine; Deux s'y sont découverts, que j'amène avec moi Afm de la convaincre et détromper le roi. Quoiqu'il soit son époux , il est encor mon père; Et quand il forcera la nature à se taire, Trois sceptres à son trtee attachés par mon bras Parleront au lieu d'elle , et ne se tairont pas. Que si notre fortune à ma perte animée La prépare à la cour aussi bien qu'à l'armée , Dans ce péril égal qui me suit en tous lieux, ITeuvirez-vous l'honneur de mourir à vos yeux?
LAODIGB.
Non 9 je ne vous dis plus désormais que je tremble. Mais que, s'il faut périr, nous périrons ensemble. Armons-nous de courage, et nous ferons trembler Ceux dont les lâchetés pensent nous accabler. Le peuple ici vous aime, et hait ces cœurs infâmes; Et c'est être bien fort que régner sur tant d'âmes. Hais votre frère Âttale adresse ici ses pas.
NIGOMËDE.
n ne m'a jamais vu ; ne me découvrez pas.