ACTE II, SCÈNE II
ReceYez tout Thonneur qu*on vous doit aujourd'hui.
L'ambassadeur romain me demande audience :
Il verra ce qu'en vous je prends de confiance;
Vous l'écouterez, prince, et répondrez pour moi.
Vous êtes aussi bien le véritable roi ;
Je n'en suis plus que l'ombre , et l'âge ne m'en laisse
Qu'un vain titre d'honneur qu'on rend à ma vieillesse ;
Je n'ai plus que deux jours peut-être à le garder.
L'intérêt de l'État vous doit seul regarder ;
Prenez-en aujourd'hui la marque la plus haute :
Hais gardez-vous aussi d'oublier votre faute;
Et, comme elle fait brèche au pouvoir souverain,
Pour la bien réparer, retournez dès demain.
Remettez en éclat la puissance absolue :
Attendez-la de moi comme je l'ai reçue.
Inviolable , entière ; et n'autorisez pas
De plus méchants que vous à la mettre plus bas.
Le peuple qui vous voit, la cour qui vous contemple,
Vous désobéiraient sur votre propre exemple :
Donnez-leur-en un autre, et montrez à leurs yeux
Que nos premiers i^ujets obéissent le mieux.
NICOMÈDE
J*obéirai , Seigneur, et plus tôt qu'on ne pense ; Hais je demande un prix de mon obéissance. La reine d'Arménie est due à ses États, Et j'en vois les chemins ouverts par nos combats. Il est temps qu'en son ciel cet astre aille reluire : De grâce, accordez-moi l'honneur de l'y conduire.
PRUSIAS
n n'appartient qu'à vous ; et cet illustre emploi Demande un roi lui-même, ou l'héritier d'un roi; Hais pour la renvoyer jusqu'en son Arménie Vous savez qu'il y faut quelque cérémonie : Tandis que je ferai préparer son départ. Vous irez dans mon camp l'attendre de ma part.
NICOMÈDE
Elle est prête à partir sans plus grand équipage.
PRUSIAS
Je n'ai garde à son rang de faire un tel outrage. Hais l'ambassadeur entre, il le faut écouter; Puis nous verrons quel ordre on y doit apporter.
€46 WICOMÈDE.