SCÈNE IV PRUSIAS, FLAMINIUS, ARASPE
Eh quoi! toujours obstacle?
PRUSIAS
De la part d'un amant ce n'est pas grand miracle.
652 NICOMÊDE.
Cet orgueilleux esprit, enflé de ses succès, Pense bien de son cœur nous empêcher l'accès ; Mais il faut que chacun suive sa destinée. L'amour entre les rois ne fait pas l'byménée ; Et les raisons d'État , plus fortes que ses nœuds , Trouvent bien les moyens d'en éteindre les feux.
FLAMINIUS
Comme elle a de l'amour, elle aura du caprice.
PRUSIAS
Non y non; je vous réponds, Seigneur, de Laodice :
Mais enfln elle est reine, et cette qualité
Semble exiger de nous quelque civilité.
J'ai sur elle, après tout, une puissance entière,
Mais j'aime à la cacher sous le nom de prière.
Rendons-lui donc visite; et, comme ambassadeur,
Proposez cet hymen vous-même à sa grandeur.
Je seconderai Rome , et veux vous introduire.
Puisqu'elle est en nos mains , l'amour ne nous peut nuire.
Allons de sa réponse à votre compliment
Prendre l'occasion de parler hautement.