SCÈNE 1 ARSINOÉ, ATTALE
ARSTNOÉ.
J'ai prévu ce tumulte , et n'en vois rien à craindre ; Comme un moment l'allume, un moment peut l'éteindre; Et si l'obscurité laisse croître ce bruit, Le jour dissipera les vapeurs é^e la nuit. Je me fâche bien moins qu'un peuple se mutine , Que de voir que ton cœur dans son amour s'obstine, Et , d'une indigne ardeur lâchement embrasé , Ne rend point de mépris à qui t'a méprisé. Venge-toi d'une ingrate, et quitte une cruelle, A présent que le sort t'a mis au-dessus d'elle : Son trône, et non ses yeux , avait dû te charmer. Tu vas régner sans elle ; à quel propos l'aimer ? Porte , porte ce cœur à de plus douces chaînes. Puisque te voilà roi, l'Asie a d'autres reines, Qui, loin de te donner des rigueurs à souffrir, Tépargneront bientôt la pehie de t'offrir.
ATTALE
Mais, Madame...
Eh bien ! soit, je veux qu'elle se rende :