‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 551 sur 594 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Qu'il ne fasse encor tout pour le commun bonheur.

PERPENNA

Cette crainte. Seigneur, dont Yotre âme est gênée

Me doit pas d'un moment retarder l'hyménée.

Yiriate, il est vrai, pourra s'en émouvoir;

Mais que sert la colère où manque le pouvoir?

Malgré sa jalousie et ses vaines menaces,

ITètes-vous pas toujours le mattre de ses places?

Les siens, dont vous craignez le vif ressentiment,

Ont-ils dans votre armée aucun commandement?

Des plus nobles d'entre eux, et des plus grands courages,

ICavez-vous pas les fils dans Osca pour otages !

Tous leurs chefs sont Romains; et leurs propres soldats.

Dispersés dans nos rangs, ont fiait tant de combats.

Que la vieille amitié qui les attache aux nôtres

Leur fait aimer nos lois et n'en vouloir point d'autres.

Pourquoi donc tant les craindre? et pourquoi refuser...

SERTORIUS

Tous-même, Perpenna, pourquoi tant déguiser? Je vois ce qu'on m'a dit : vous aimez Viriate; Et votre amour caché dans vos raisons éclate. Mais les raisonnements sont ici superflus : Dites que vous l'aimez, et je ne l'aime plus. Parlez : je vous dois tant, que ma reconnaissance Ne peut être sans honte un moment en balance.

PERPENNA

L'aveu que vous voulez à mon cœur est si doux, Que j'ose...

SERTORIUS

C'est assez : je parlerai pour vous.

PERPENNA

Ah! Seigneur, c'en est trop; et...

Point de repartie :

Tous mes vœux sont déjà du côté d'Aristie; Et je l'épouserai , pourvu qu'en même jour La reine se résolve à payer votre amour : Car, quoi que vous disiez, je dois craindre sa haine, Et fuirais à ce prix cette illustre Romaine. La voici : laissez-moi moi ménager son esprit; Et voyez cependant de quel air on m'écrit.

706 SERTORIUS

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