ACTE II. SCÈNE I. 7W
Tu Tas fait un parjure, un méchant, un infâme : Mais, s*il me laisse encor quelques droits sur son cœur, Il reprendra sa foi, sa vertu, son honneur; Pour rentrer dans mes fers il brisera tes chaînes; Et nous t'accablerons sous nos communes haines. J*abuse trop , Seigneur, d'un précieux loisir : Voilà vos intérêts; c'est à vous de choisir. Si votre amour trop prompt veut borner sa conquête , Je TOUS le dis encor, ma main est toute prête. Je vous laisse y penser : surtout souvenez-vous Que ma gloire en ces lieux me demande un époux; Qu'elle ne peut souffrir que ma fuite m'y range, En captive de guerre, au péril d'un échange. Qu'elle veut un grand homme à recevoir ma foi; Qu'après vous et Pompée il n'en est point pour moi ; Et que...
SERTORIUS
Vous le verrez , et saurez sa pensée.
ARISTIE
Adieu ! Seigneur : j'y suis la plus intéressée ; Et j'y vais préparer mon reste de pouvoir.
SERTORIUS
Moi , je vais donner ordre à le bien recevoir.
(Seal.)
Dieux, souffrez qu'à mon tour avec vous je m'explique.
Que c'est un sort cruel d'aimer par politique !
Et que ses intérêts sont d'étranges malheurs,
S'ils font donner la main quand le cœur est ailleurs !