POMPÉE, ARISTIE
POMPÉE
Me dit-on vrai, Madame? et seraitril possible...
ARISTIE
Oui, Seigneur, il est vrai que j'ai le cœur sensible :
Suivant qu*on m'aime ou hait, j'aime ou hais à mon toar,
Et ma gloire soutient ma haine et mon amour.
Mais, si de mou amour elle est la souveraine ,
Elle n'est pas toujours maîtresse de ma haine;
Je ne le suis pas même ; et je hais quelquefois ,
Et moins que je ne veux, et moins que je ne dois.
POMPÉE
Cette haine a pour moi toute sou étendue, Madame, et la pitié ne l'a point suspendue ; La générosité n'a pu la modérer.
ARISTIE
Vous ne voyez donc pas qu'elle a peine à durer? Mon feu, qui n'est éteint que parce qu'il doit l'être, Cherche en dépit de moi le vôtre pour renaître; Et je sens qu'à vos yeux mon courroux chancelant Trébuche, perd sa force, et meurt en vous parlant. M'aimeriez-vous encor. Seigneur?
POMPÉE
Si je vous aime !