‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 569 sur 594 · POMPÉE, ARISTIE · texte numérisé non relu

POMPÉE, ARISTIE

POMPÉE

Me dit-on vrai, Madame? et seraitril possible...

ARISTIE

Oui, Seigneur, il est vrai que j'ai le cœur sensible :

Suivant qu*on m'aime ou hait, j'aime ou hais à mon toar,

Et ma gloire soutient ma haine et mon amour.

Mais, si de mou amour elle est la souveraine ,

Elle n'est pas toujours maîtresse de ma haine;

Je ne le suis pas même ; et je hais quelquefois ,

Et moins que je ne veux, et moins que je ne dois.

POMPÉE

Cette haine a pour moi toute sou étendue, Madame, et la pitié ne l'a point suspendue ; La générosité n'a pu la modérer.

ARISTIE

Vous ne voyez donc pas qu'elle a peine à durer? Mon feu, qui n'est éteint que parce qu'il doit l'être, Cherche en dépit de moi le vôtre pour renaître; Et je sens qu'à vos yeux mon courroux chancelant Trébuche, perd sa force, et meurt en vous parlant. M'aimeriez-vous encor. Seigneur?

POMPÉE

Si je vous aime !

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