‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 586 sur 594 · VIRIATE, ARISTIE, THAMIRE, ARCAS · texte numérisé non relu

VIRIATE, ARISTIE, THAMIRE, ARCAS

THAMIRE

Ah! Madame!

VIRIATE

Qu*as-tu ,

750 SERTORIUS

Thamire? el d'où te vient ce visage abattu? Que nous disent tes pleurs?

THAMIRE

Que vous êtes perdue.

Que cet illustre bras qui vous a défendue—

VIRIATE

Sertorius?

THAMIRE

Hélas! ce grand Sertorîus...

N'achèveras-tu point?

THAMIRE

Madame» il ne vit plus.

VIRIATE

Il ne vit plus, ô ciel! Qui te Fa dit, Thamire?

THAMIRE

Ses assassins font gloire eux-mêmes de le dire; Ces tigres, dont la rage, au milieu du festin. Par Tordre d'un perfide a tranché son destin. Tout couverts de son sang, courent parmi la ville Émouvoir les soldats et le peuple imbécile; Et Perpenna par eux proclamé général Ne vous fait que trop voir d'où part ce coup fatal.

VIRIATE

Il m'en fait voir ensemble et l'auteur et la cause.

Par cet assassinat c'est de moi qu'on dispose;

C'est mon trône, c'est moi qu'on prétend conquérir;

Et c'est mon juste choix qui seul l'a fait périr.

Madame, après sa perte, et parmi ces alarmes,

N'attendez point de moi de soupirs ni de larmes :

Ce sont amusements que dédaigne aisément

Le prompt et noble orgueil d'un vif ressentiment;

Qui pleure l'affaiblît , qui soupire l'exhale.

Il faut plus dé fierté dans une àme royale ;

Et ma douleur, soumise aux soins de le venger...

Mais vous vous aveuglez au milieu du danger : Songez à fuir. Madame.

THAMIRE

n n'est plus temps : Auûdc, Des portes du palais saisi pour ce perfide.

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