‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 592 sur 594 · ACTE V, SCËNE VIIL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCËNE VIIL

Je rapporte avec joie et ma main et ma foi.

Je ne dis rien da cœur, il tint toujours pour elle.

ARISTIB.

Le mien savait vous rendre une ardeur mutuelle; Et , pour mieux recevoir ce don renouvelé , n oublira. Seigneur, qu*ou me Pavait volé.

VIRIATB.

Moi, j'accepte la paix que vous m'avez offerte; C'est tout ce que je puis, Sdgneur, après ma perte; Elle est irréparable : et comme je ne voi Ni chefe dignes de vous, ai rois dignes de moi, ' Je renonce à la guerre ainsi qu'à l'hyménée; Mais j'aime encor l'honneur du trône où je suis née. D'une juste amitié je sais garder les lois, Et ne sais point régner comme régnent nos rois. S'il faut que sous votre ordre ainsi qu'eux je domine. Je m'ensevelirai sous ma propre ruine : Mais si je puis régner sans honte, et sans époux. Je ne veux d'héritiers que voire Rome, ou vous ; Vous choisirez. Seigneur; ou, si votre alliance Ne peut voir mes États sous ma seule puissance. Vous n'avez qu'à garder cette place en vos mains Et je m'y tiens déjà captive des Romains.

POMPÉE

Madame, vous avez l'âme trop généreuse Pour n'en pas obtenir une paix glorieuse; Et l'on verra chez eux mon pouvoir abattu, Ou j'y ferai toujours honorer la vertu.

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