Amor con tal pokezza m'unge^ e pung
(PlTRARQUI.)
2. Cassandre étoit fille de Priam, roY des Troyens. Or. par ce que la dame de Tautheur s'appelle ainsi , il parle a 'eUe tout ainsi que s'il parlott à la fille de Priam. Ainsi souvent Pétrarque parle à madame Laure comme si elle estent celle qui, poursuivie par Apollon, fiit changée en laurier. (M.)
4 Amours.
Occit ton frérc et mit ta ville en cendre.
En ma faveur pour esclave te rendre Un camp armé d Aulide ne départ, Et tu ne vois au pied de ton rempart Pour t'enlever mille barques descendre.
Mais bien je suis ce Corébe(>) insensé
Sui pour famour ay le cœur offensé, on de la main du Grégeois Penelée , Mais de cent traits qu'un archerot vainqueur, Par une voye en mes yeux recelée , Sans y penser me ficha dans le cœur.
Pareil j'égale au soleil que j'adore L'autre soleil. Cestuy-là de ses yeux Enlustre, enflamme, enlumine les cieux, Et cestui-cy toute la terre honore.
L'art, la nature et les astres encore, Les élémens. les grâces et les dieux Ont prodigué le parfait de leur mieux Dans son beau jour qui le nôtre décore (tf).
Heureux, cent fois heureux, si le Destin N'eust emmuré d'un rempart aimantin Si chaste cœur dessous si belle face !
Et plus heureux si je n'eusse arraché
tf. Var. :
Tous les prescris du coffre de Pandore, Les elemens , les astres et les dieux, Et tout cela que Nature a de mieux.
Ont embelli le sujet que j'honore.
I Coiébe, fils du Phrygien Mygdon, fcru de l'amour de Cassandre, estoit venu au secoure des Troycns ; mais, la nuit du tac de Troye, voulant secourir Cassandre, que quelques Ofea trainoyent par le poil hors du temple de Mmerve, il Ikt'Hjé par un Grec nommé Penelée. Voy. le second ût V Enéide. (M.)
Premier Livre. 5
Mon cœnr de noi pour l'avoir attacfaé De clous de feu sur le froid de sa glacel
Vl(i).
Ces liens d'or, ceste bouclie yenneilley Pleine de lis. de roses et d'œiilets, Et ces sourds, deux croissans nouvelets, Et ceste joue à l'Aurore pareille;
Ces mains, ce col, ce front et ceste oreille, Et de ce sein les boutons yerdelets, Et de ces yeux les astres jumelets, Qui font trembler les âmes de merveille ,
r'irent nicher Amour dedans mon seia , Qui, eros de germe, avoit le ventre plein (tf) D'œuts non formés et de glaires nouvelles,
Et , lui couvant (qui de mon cœur jouit Neuf mois entiers), en un jour m'édouit Mille amoureaux chargés de traits et d'aisles.
Bien qu'à grand tort il te plaist d'allumer Dedans mon cœur ^ sié{;e à ta seigneurie , Non d'une amour (a), ainçois d'une Furie Le feu cruel, pour mes os consumer,
a. Var. :
De petits œufs qa'en notre sang il couve.
Comment vtvroj-je autrement ^u'en langueur.
Quand une engeaaa immortelle je trouve D amours esclos et couvez en mon cœurf
1. La fiction de ce sonnet, comme Tanthenr mesme m'a dh, est prinse d'une ode d'Anacréon encores non imprimée^ qu'il a diepois traduite. Ov /vlv fOat x'^^^^^» *^- ^^7- ^^ dnqniéme livre des Odes , ode la. (M.)
2. Quand amour est du genre Ubôbsël, il se prend pour U passion et affection amoureuse; oiumd il est masculin, pour le dieu d*amour Cupidon. Toutetob, les poètes les confondent pour la nécessité du vers. (M.)
Amours.
L'aspre tourment ne m'est point si amer Qu'il ne me plaise , et si n'ay pas envie De me douloir, car je n'aime ma vie Sinon d'autant qu'il te plaist de l'aimer.
Mais si le Ciel m'a fait naistre , Madame , Pour estre tien, ne gesne plus mon ame, Mais prends en ^é ma ferme loyauté.
Vaut-il pas mieux en tirer du service , Que par l'norreur d'un cruel sacrifice L/bccire aux pieds de ta fière beauté ?
Lors (}ue mon œil pour t'œillader s'amuse , Le tien, habile à ses traicts descocher, Estrangement m'empierre en un rocher, Comme un regard d'une horrible Méduse.
Moi donc , rocher, si dextrement je n'use L'outil des sœurs pour ta doire esbaucher,
Su'un seul tusquan(i) est digne de toucher^ on le changé^ mais le changeur accuse.
Las ! qu'ay-)e dit ? dans un roc emmuré , En te blasmant |e ne suis asseuré , Tant j'ay grand' peur des fiâmes de ton ire^
Et que mon chef par le feu de tes yeux Soit diffamé, comme les monts d'Epire Sont diffamez par la foudre des cieux.
Le plus touflu d'un solitaire bois, Le plus aigu d'une roche sauvage , Le plus désert d'un séparé rivage , Et la frajeur des antres les plus cois ,
Soulagent tant les souspirs de ma vois , Qu'au seul escart de leur secret ombrage Je sens guarir une amoureuse rage , Qui me r'afok au phis verd de mes mois.