Le commencement semble estre pris de Pétrarque, i6i, I
Pasco la mente d*un si nobiK cibo ,
Ch' ambrosia e nettar' non invido i Giove. (M.)
2. C'est la viande des iMeux , et nectar le breuvage. Tous les deux signifient immortalité. (M.)
3. Qui est dieu de la mer. Là disent les poètes que les dieux vont souvent banqueter. Voy. TOde de Michel de l'Hospital , et le poète grec Hésiode. (M.)
8 Amours.
Douce est la mort qui vient subite et brève.
Soit que le jour ou se couche ou se lève, Je sens toujours un penser qui me mord , Et malheureux en si heureux effort, Me fait la guerre et mes peine ren^éve.
Que dois-je faire ? Amour me fait errer Si hautement , que je n'ose espérer De mon salut que la désespérance.
Puis qu'Amour donc ne me veut secourir, Pour me défendre il me plaist de mourir, Et par la mort trouver ma délivrance.
XII(i).
Je me délace , et puis je me relie.
Rien ne me plaist sinon ce qui m'ennuie , Je suis vaillant et le cœur me défaut , J'ai l'espoir bas, j'ay le courage haut.
Je donte Amour, et si je le desfie.
Plus je me pique , et plus je suis rétif.
J'aime estrc liore , et veux estre captif.
Cent fois je meurs, cent fois je prends naissance.
Un Promethée en passions je suis ; Et , pour aimer perdant toute puissance , Ne pouvant rien , je fay ce que je puis(â).
a, Var. :
Tout je désire, et si n'ay qu'une envie....
J'ose , je veux , je m'efforce , et ne puis, Tant a un fil noir la Parque ourdit ma vie.