‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 152 sur 227 · Qui rajeunît par sa map[ie la vieiUesse-d'iCson · texte numérisé non relu

Qui rajeunît par sa map[ie la vieiUesse-d'iCson

2. Ntmesis. — }. Nemcsis, ayant esté déflorée, par Jupiter, délivra d'un œuf, duqfiel est issue Hélène. (R.) Vous esdouit : vous fit édoie.^

QOUB HEU2NE. Jjy

Et d'un nouveau printemps foites-moy r-aniiçer..

if^on. vit rajeunir son esc;orce ancienne, Nul charme, ive %auroit renouyeller la mienne z^ Si je veux rajeunir, il ne faut plus aimer..

XXXHI('),

Si la-beauté se perd, fais-en part de bonne heure, Tandis qu'en son printemps tu la.vpis.fleuronner^ Si elle ne se perd , ne crajin point.de donner A tes amis le bien qui tQusjours te dismeure.

Venus , tu devrois estre en. mqi^ endroit meilleure , Et non dedans toq camp ainsi m'abandonner.

Tu me laisses ^toy-mesme, esclave emprisonner Es main3 d'une cruelle ^ où, il faut que je meure.'

Tu as changé. mon aise et mon cloux en amer ; Que devoi5.-iiî espérer de toy , germe de mer, Sinoa toute tempeste; et de toy, qui es femm^

De Vulcan , que du feu; de toy, g^rce de Mars , Que couteaux , qui sans cesse environnent mon ame D'orages ampureux, de fiâmes .et de dars?

Amour, seul artisan de mes proores malheurs , Contre qui sans repos au combat je m'essaye, M*a fait diedans le cœur une mauvaise playe.

Laquelfe en. lieu de sang ne verse que des pleurs.

Le meschant m'a fait pis: choisissant les meilleurs De ses traits., ja trempez aux vaines de mon faye , La langue ma nayrée, afin que je begave En lieu de raconter à chacun mes douleurs.

Phebus, qui sur Parnasse aux Muses sers de guide , Pren l'arc, revenge-moy contre mon homicide; J'ay la langue et le cœur percés de part en part(a).

û. Var. :

J'ay la langue a le cœur percez, l'ayant myy. I. Pris d'un epigiamme de Mdeager. (R.)

)36 SONNBTS '

Voy comme 1*un et l'iutre en bégayant me saî§^. Phebus, dés le berceau j'ay sutvy ton enseigne, Le capit^ne doit défendre son soadart(tf}.

a hère entroit au bain , et. te voyant près d'elle, m ceste elle te baille ann de le garder.

Ceinte de tant d'amours tu me vins regarder, Me tirant de tes yeux une flèche cruelle.

Muses , je suis navré; ou ma playe mortelle Guarissez , ou cessez de plus me commander.

Je ne suv vostre escole afin de demander Qui fait fa lune vieille , ou qui la fait nouvelle.

Je ne vous fais la cour comme un homme ocieux, Pour apprendre de vous le mouvement des cieux , Que peut la grande éclipse, ou que peut la petite.

Ou si Fortune ou Dieu ont fait cet univers.

Si je ne puis fléchir Hélène par mes vers , Cherchez autre escolier. Déesses, je vous quitte.

J'ay honte de ma honte , il est temps de me taire , Sans faire Tamoureux en un chef si grison.

Il vaut mieux obéir aux loix de la raison Qu'estre plus désormais en l'amour volontaire.

Je l'ay juré cent fois, mais je ne le puis faire. Les roses pour Thyver ne sont plus de saison. Voicy le cinquiesme an de ma longue prison , Esclave entre les mains d'une belle corsaire.

Maintenant je veux estre importun amoureux Du bon père Aristote , et d'un soin généreux

a, Var. :

Conserve les outils qui t'ont si bien seny.

Courtiser et servir la beauté de sa. fille (a) (i).

Il est temps que je sois de T Amour deslié :

Il vole comme un dieu; homme, je vais àpié ; IJ est jeune , il €sX fort; je suis gris et deoile,

Maintenant que Thyver de vagues empoulées Orgueiiiit les torrens , et que le vent , qui fuit , Fait ores esclatter les rives d'un grand bruit , Et ores des forests les testes effueillées j

Je voudrois voir d'Amour les deux ailes gelées, Voir ses traits tous gelez , desquels il me poursuit , Et son brandon gelé , dont la chaleur me cuit Les veines , que sa flame a tant de fois bruslées.

L'hyver est tousjours fait d'un gros air espessi , Pour le soleil absent . ny chaud , ny esclairci ; Et mon ardeur se fait aes rayons d'une face ,

Laquelle me nourrit d'imagination.

Tousjours dedans le sang j'en ay l'impression , Qui force de l'hyver les neiges et la glace.

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