XX IX
>Tous triomphez de moy, et pource je vous doime r Ce lierre qui coule et se glisse à I entour
Des arbres et des murs, lesauets, tour dessus tour, Plis dessus plis il serre , emorasse et environne.
A vous de ce lierre appartient la couronne ; Je voudrois, comme il lait, et de nuict et de jour, Me plier contre vous , et, languissant d*amour, D'un nœud ferme enlacer vostre belle colonne.
Ne viendra point le temps que dessous les rameaux, Au matin où 1 aurore éveille toutes choses , En un ciel bien tranquille , au caauet des oiseaux ,
Je vous puisse baiser à lèvres aemv-closes, Et vous conter mon mal , et de mes oras jumeaux Embrasser à souhait vostre yvoire et vos roses ?
Voyez comme tout change (hé I qui Teust espéré?) Vous me soûliez donner, maintenant je vous donne Des bouquets et des fleurs. Amour vous abandonne , Qui seul dedans mon cœur est ferme demeuré.
L)es dames le vouloir n'est jamais mesuré , Qui d'une extrême ardeur tantost se passionne , Tantost d'une froideur extrême s'environne, Sans avoir un tnilieu longuement asseuré.
Voilà comme Fortune en se jouant m'abaisse.
Vostre plus grande gloire un temps fut de m'aimer. Maintenant je vous aime et languis de tristesse. Et me voy sans raison de douleur consumer.
Pour me venger de vous il est une déesse :
Vous la cognoissez bien , je n'ose la nommer {a).
{a) Var. : Les vers suivants, remplaçant les deux derniers tercets du sonnet, en ont fait un madrigal dans les éditions posthumes :
Voila comme Fortune en se jouant m'abaisst :
Vostre appréhension et vostre seul penser Un temps furent à moy, or* vostre amour me laisse : Le temps peut toute chose à la un effacer.
Ne vous mocquez pourtant du lien qui me presse;
Ma dame beui à moy, puis me bailla sa tasse ^ , Benvez^ dit-eli', ce reste^ où mon coeur j'ay venè^ Et alors le vaisse^w des lèvres )e pressay.
Qui, comme un- batelier, son cœur dans le mien passe, ^fon sang, renouvelé, tant de forces amasse, Par la vertu du via qu'elle m'avoit laissé,
Sue trop charffé d'esprits et de cœur, je pensay iburir dessous Te faix , tant mon ame estoit lasser Ah ! dieux , qw pourroit vivre avec telle towti- Qui tient tousibnrs Amour en sor vase arresté^- Je ne devois en boire , et m'en donne le blâme.
Ce vase me lia tous les se^s dés le jour Que je beu de son vin , mais plustost une flame , Mai^plustosluavenin , qui m'en-yvra d'afoonr.^
J'avois esté saigné, ma dame me vint voir Lorsque je languissois d'une humeur froide et lente.. Se tournant vers mon sang, comme toute riante , Me dit en se jouant : « Que vostre sang est noir I »^
Le trop penser en vous a peu si bien mpuvoir L'imagination que l'ame obéissante , A laissé la chaleur naturelle impuissante De cuire, de nourrir, de faire son devoir.
Ne soyez plus si belle, et devenez Médée (<>, Colorez d'un beau sai)g ma face ja ridée,
Soyez douce à mon cœur, sans tant le reblesser > Dieu, pour punir l'orgueil, commetune déesse {}); Son sem vous esclouit{i)„ gardez de l'offenser.