Geste fin est d'Anacreon
Je vy pour sa beauté , tant j'ay le cœur en serre!
Touche mon estomac pour sentir mes chaleurs , Approche de mes yeux pour recevoir mes pleurs , Que torrent sur torrent ce faux amour assemble (a) ;
Puis, voyant les eifects d'un si contraire esmoy, Dy que Deucalion et Phaêton chez moyO»
L^in au cœur, l'autre aux yeux, se sont logez ensemble.
Lettre, de mon ardeur véritable interprète, Qui parle sans parler les passions du cœur, Posteaes amoureux , va conter ma langueur A ma dame, et comment sa cruauté me traite.
Comme une messagère et accorte et secrette Contemple , en la voyant , sa face et sa couleur, Si elle devient gaye ou palle de couleur, Ou d'un petit souspir si elle me regrette.
Fais omce de langue; aussi bien je ne puis Devant elle parler, tant vergongneux je suis, Tant je crains Tonenser ; et faut que le visage
Tout seul de ma douleur luy rende tesmoignage (b). Tu pourras en trois mots luy dire mes ennuis : Le silence parlant vaut ua mauvais langage.
Le soir qu'Amour vous fît en la salle descendre Pour oanser d'artifice un beau ballet d'amour,
â, Var. :
pour voir tomber mes pleurs
Que larme dessus larme Amour toujours m'assemble,
b. Var. :
Blâme de ma douleur, en rende tesmoignage, '
I. Par Deucalion, qui fut sauvé du déluge, et Phaéton, qui conduisit si mal le char du soleil , il entend Teau et le feu.
344 Sommets
Vos yeux , bien qu*ï\ fiist tiuîct . ramenèrent le iosr. Tant ils sceurent d'esclairs par la place respancve.
Le ballet fut divin , qui se souloit reprendre , Se rompre , se refaire , et tour ^essus retour Se mesler, s*escarter, se tourner à Pentour, Contr'imitant le cours du fleuve de Méandre.
Ores il estoit rond^ ores long, or' estroit, Or' en poincte . en triangle , en la façon qu'on voit L'escaciron de la Grue évitant la froidure.
Je faux, tu ne dansois, mais ton pied voletoit Sur le haut de ta terre; aussi ton corps s'estoit Transformé pour ce soir en divine nature.