En réalité. — 4. En apparence
Je te voulois nommer pour Hélène Ortygie ('), Renouvelant en toy d'Ortyge (») le renom.
Le tien est plus fatal : Hélène est un beau nom, Hélène, honneur des Grecs, la terreur de Phrygie.
Si pour sujet fertil. Homère t'a choisie, Je puis, suivant son train, qui va sans compagnon, Te chantant m'honorer, et non pas toy, sinon Qu'il te plaise estimer ma rude poésie.
Tu passes en vertu les dames de ce temps Aussi loin que Thyver est passé du printemps. Digne d'avoir autels, digne d'avoir empire.
Laure ne te veincroit de gloire ny crhonneur Sans le Ciel, qui luy donne un plus digne sonneur ()), Et le mauvais destin te fait présent du pire.
J'errois en mon jardin, quand au bout d'une allée Je vy contre l'hyver boutonner un soucy ; Geste herbe et mon amour fleurissent tout ainsi : La nei^e est sur ma teste, et la sienne est gelée.
G bien-heureuse amour en mon ame escoulée Pour celle qui n'a point de parangon icy.
Qui m'a de ses rayons tout l'esprit esciaircy. Qui devroit des François Minerve estre appellée ;
En prudence Minerve, une Grâce en beauté, Junon en gravité, Diane en chasteté.
Qui sert aux mesmes dieux comme aux hommes d'exem- ^i tu fusses venue au temps que la vertu [pie.
S'honoroit des humains, tes vertus eussent eu Vœuz , encens et autels, sacrifices et temple.