‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 164 sur 227 · Comme aassi sont tontes pommef ; mais celle cy, i cmse · texte numérisé non relu

Comme aassi sont tontes pommef ; mais celle cy, i cmse

Que j'estoîs Pautre jour, tant la douleur extrême, Forçant la patience, a aessus moy pouvoir.

Je ne puis ny toucher, gouster, n'ouyr, ny voir; J'ay perau tous mes sens, je suis une ombre blesme; Mon corps n'est qu'un tombeau. Malheureux est qui Malheureux qui se laisse à T Amour décevoir 1 [ayme !

Devenez un Achille aux playes qu'avez faites : Un Telephe je suis, leguel s'en yi périr; Monstrez-moy par pitié vos puissances parfaites

Et d'un remède prompt daignez-moy secourir.

Si vostre serviteur, cruelle , vous défaites, Vous n'aurez le laurier pour l'avoir fait mourir.

Vovant par les soudars ma maison saccagée Et tout mon pays estre image de la mort (â).

Pensant en ta beauté, tu estois mon support.

Et soudain ma tristesse en joye estoit changée.

Résolu , je disois : « Fortune s'est vengée.

Elle emporte mon bien, et non mon reconfort. » Hà ! que je suis trompé ! tu me fais plus de tort Que n'eust fait une armée en bataille rangée.

Les soudars m'ont pilléj tu as ravy mon cœur ; Tu es plus grand voleur, )'en demande justice: Tu es plus oigne qu'eux de cruelle rigueur {b).

Tu saccages ma vie en te faisant service :

Encores te mocquant tu braves ma langueur, Qui me fait plus de mal que ne fait ta malice.

a. Var. :

Et mon pays couvert de Mars et de la Mort.

b. Var. :

Aux dieux qui n'oseroient chastier ta rigueur.

de la ferme et quasi amoureuse liaison de ses grains, plus paifaictemeot représente i'amoor et la concorde, {r.)

}52 Sonnets

Vous estes le bouquet de vostre bouquet mesme , Et la fleur de sa fleur, sa grâce et sa verdeur ; De vostre douce haleine il a pris son odeur; Il est, comme je suis, de vostre amour tout blesme.

Ma dame^ voyez donc, puisqu'un bouquet vous aime, Indigne de juger que peut vostre valeur.

Combien doy-je sentir en Tame de douleur.

Qui sers par jugement vostre excellence extrême.

Mais ainsi qu'un bouquet se flestrit en un jour, J'ay peur qu'un mesme jour flestrisse vostre amour : Toute amitié de femme est soudain effacée.

Advienne le destin comme il pourra venir.

Il ne peut de vos yeux m'oster le souvenir:

Il faudroit m'arracher le cœur et la pensée.

LXIV(i).

Je ne serois marry. si tu comptois ma peine.

De compter tes degreE recomptez tant de tois; Tu loges au sommet du palais de nos rois ; Olympe n'avoit pas la cyme si hautaine.

Je pers à chaque marche et le pouls et l'haleine; J'ay la sueur au front, j'ay l'estomach penthois, Pour ou>T un ennuy, un refus, une vois De desdain , de froideur et d'orgueil toute pleine.

Tu es, comme déesse, assise en très-haut lieu ; Pour monter en ton ciel je ne suis pas un Dieii. Je feray des degrez (a) ma plainte coustumiere,

T'envovant )usmi'en haut mon cœur devotieux.

Ainsi les nommes font à Jupiter prière.:

Les hommes sont en terre et Jupiter aux cienz.

a. Var. : de la cour.

I. Il y a une epignmme de ce subjea dans Martial. Maoc domi si te meroi voluique videre , etc.

Mon ame mille fois m'a prédit mon dommage; Mais la sotte qu'elle est, après Tavoir prédit, Maintenant s'en repent, maintenant s'en desait, Ety voyant ma maistresse, elle aime davantage.

Si 1 ame, si l'esprit qui sont de Dieu l'ouvrage, Deviennent amoureux , à grand tort on mesdit Du corps qui suit les sens , non brutal comme on dit , S'il se trouve esblouy des rais d'un beau visage.

Le corps ne languiroit d'un amoureux souci Si l'ame, si l'esprit, ne le vouloient ainsi; Mais du premier assaut l'ame se tient rendue (tf),

Conseillant comme royne au corps d'en faire autant. Ainsi le citoyen trahi du combatant {b) Se rend aux ennemis quand la ville est perdue.

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