‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 163 sur 227 · Meilleui[ poète · texte numérisé non relu

Meilleui[ poète

2. Ceux quivouloient devenir poètes alloient dormir dans cette montagne. (R.)

L.a naîfve vertu sans peur le fait en toy (a). La loy ne sert de rien quand la vertu nous garde.

Çj u'il me soit arraché des tetins de sa mère, ^^Ce J€une enfant Amour, et qu'il me soit vendu : Il ne faut plus qu'il croisse ; il m'a desjà perdu (b) ! Vienne quelque marchand, je le mets à l'enchère.

D'un si mauvais garçon la vente n'est pas chère; J'en feray bon marché. Ah ! j'av trop attendu. Mais voyez comme il pleure! il m'a bien entendu. Appaise-toy, mignon, j'ay passé ma cholère.

Je ne te vendray point ; au contraire, je veux Pour page t'envoyer à ma maistresse Hetene, Qui toute te ressemble et d'yeux et de cheveux,

Aussi fine que toy, de malice aussi pleine.

Comme enfans vous croistrez et vous jourez tous deux ; Quand tu seras plus grand, tu me payras ma peine.

Passant dessus la tombe où Lucrèce (i) repose, Tu versas dessus elle une moisson de fleurs ; L'eschaufant de souspirs et l'arrousant de pleurs, Tu monslras qu'une mort tenoit ta vie enclose.

Si tu aimes le corps dont la terre dispose.

Imagine ta force et conçoy tes rigueurs;

â. Var. ^

La peur qui sert au peuple et de frein et de îo^ Ne sçauroit estonner ny ta vertu ny toy,

b. Vat. :

// ne fait que de naistre, et m*a desja perdu,

I . Geste Lucrèce estoit mademoiselle de Bacqueville, jeune, belle, sçavante, des plus parfaictes de la Cour, et qui estoic des meilleures amies d'Helene. (R.)

}50 SONNKTS

Tu me Terris, cruelle, entre mille langueurs Mourir, puis oue la mort te plaist sur toute cbose.

C'est acte de pitié dlio&orer un cercueil , Mespriser les vivansest un sigoe d'orgueil.

Puis que ton naturel les fantômes embrasse,

Et qae rien n'est de toy, s'il n'est mort, estimé. Sans lanffttir tant de fois, esconduit de ta g[race. Je Teux au tout mourir pour estre mieux aimé.

LXC).

Je suis pourvostre amour dirersement malade.

Maintenant plein de froid, maintenant de chaleurs ; Dedans le cœur pour vous autant j'ay de douleurs Comme il y a de grains dedans vostre grenade.

Yeux qui fistes sur moy la première embuscade. Desattisez ma flamme et desseichez mes pleurs. Je faux, vous ne pourriez : car le mal dont je meurs, Est si grand qu'il ne peut se guarir d'une œillade.

Ma dame , croyez-mov, je trespasse pour vous ; Je n'ay artère, nerf, tendon, veine ny pouls Qui ne sente d'Amour la fièvre contmue.

L'Amour à la grenade en symbole estoit joint. Ses grains en ont encor la force retenue.

Que de signe et d'effect vous ne cognoissiez point (a).

Ma Dame, je me meurs, abandonné d'espoir ; La playe est jusqu'à l'os; je ne suis celuy mesme

fl. Var. ;

La grenade est d'Amowr{^) le symbole parfait : Ses grains en ont encor la force retenue, Que vous ne cognoissez de signe ny d'effait.

1. Bn I ^78, ce sonnet et les trois qui suivent sont dans \u Amonn diverses.

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