VII.(i
Ce jour de may. qui a la teste peinte D'une gaillaroe et gentille verdeur, Ne doit passer sans que ma vive ardeur De vostre grâce un peu ne soit esteinte.
De vostre part, si vous estes atteinte Autant que moy d'amoureuse langueur, D'un feu pareil soulajgeons nostre cœur.
Qui aime bien ne doit point avoir crainte.
Le temps s'enfuit; cependant ce beau jour Nous doit apprendre à démener l'amour, Et le pigeon qui sa femelle baise.
Baisez-moy donc , et faisons tout ainsi Que les oyseaux , sans nous donner souci :
Après la mort on ne void rien qui plaise.
VÏÏI. (1560.)
En escrimant, le malheur eslança Sur mon bras gauche une arnie rabatue, Qui de sa pointe entre mousse et pointue Jusques à l'os le coude m'offença.
Jà tout le bras à saigner commença. Quand par pitié la beauté qui me tue De l'esiancher soigneuse s'évertue.
Et de ses doigts ma playe elle pença.
Las! dy-je lors, 51 tu as quelque envie De soulager les playes de ma vie Et luy donner sa première vigueur,
Non ceste-cy , mais de ta pitié sonde
}:j6 Amours
L'aspre toorment d'une autre plus profonde Que vergogneux je cèle dans mon cœur {a).