‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 178 sur 227 · IX. A PHŒBUS[i$6o.](i · texte numérisé non relu

IX. A PHŒBUS[i$6o.](i

Sois médecin , Phœbus, de la roaistresse Qui tient mon cœur en servage si doux :

Vole à son lict et luy taste le pouls :

II faut qu'un Dieu guarisse une déesse .

Mets en effect ton mestier, et ne cesse De la penser et luy donner secours , Ou autrement le règne des amours Sera perdu , si le mal ne la laisse.

Ne ^uffre point qu'une blesme langueur De son beau teint efface la vigueur, Ny de ses yeux, où l'Amour se repose.

Exauce-moy , Phœbus aux beaux cheveux ; D'un mesme coup tu en guariras deux :

Deux cœurs en un n'est qu'une mesme chose.

Ode nepenthe et de liesse pleine, [beaux

Chambrette heureuse , ou deux heureux flam* De deux beaux yeux plus que les astres beaux Me font escorte après si longue peine 1 Or' je pardonne à la mer mhumaine. Aux flots, aux vents, mon naufrage et mes maux, Puis que par tant et par tant de travaux

a. Var. :

L'autre qu'amour m'engrave si profonde Par tes beaux yeux au milieu de mon cœur !

I . Ce sonnet avoit été fait, dans l'origine , pour quelque prince. Au 2e vera il v avoit : qui tient mon prince , et au dernier : Elle et mon duc n'est qu'une mesme chose.

Une main douce à si doux port me meine.

Adieu tormente , adieu t^peste , adieu , Vous , flots cruels, ayeux du petit dieu Qui dans mon sang a sa flèche souillée;

Ores ancré dedans le sein du port, En vœu promis j'appan dessus le bort Aux dieux marins ma despouille mouillée.

Page 1