XI. (is6o
Mon Des-Autels, qui avez dés enfance Puisé de l'eau qui coule sur le mont Où les neuf Sœurs dedans un antre font Seules à part leur saincte demeurance;
Si autresfois Pamoureuse puissance Vous a planté le mvrte sur le front , En-amouré de ces oeaux yeux qui sont Par vos escrits Thonneur de nostre France ,
Ayez pitié de ma pauvre langueur, Et de vos sons adoucissez le cœur D'une qui tient ma franchise en contrainte.
Si quelquefois en Bourgongne je suis , Je flecniray par mes vers , si je puis , La cruauté de vostre belle Saincte.
CHANSON I. (1560
Petite nymphe folâtre.
Nymphette que j'idolâtre , Ma mignonne , dont les yeux Logent mon pis et mon mieux; Ma doucette , ma sucrée , Ma Grâce , ma Cytheréé , Tu me dois, pour m'appaiser, Mille fois le jour baiser.
[Tu m'en dois au matin trente Puis après disner cinquante , Et puis vingt après souper.
ijt Amours
Et qiioy ! me veux-tu tromper ?(i>]
Avance mes quartiers, belle , Ma tourtre , ma colombelle ; Avance-moy les quartiers De mes paymens tous entiers.
Demeure; où fuis-tu, maistresse?
Le désir qui trop me presse Ne sçauroit arrester tant [
S'il n'est payé tout contant.
Revien , revjen, mignonnette, Mon doux miel, ma violette, Mon œil . mon cœur, mes amours Ma cruelle, qui tous)Ours Trouves quelque mignardise, Qui d'une douce feintise Peu à peu mes forces fond , Comme on void dessus un mont S'escouler la neige blanche , Ou comme la rose franche Perd le vermeil de son teint.
Des rais du soleil atteint.
Où fuis-tu, mon angelette , Mon diamant , ma perlette } Là reviens, mon sucre doux , Sur mon sein ^ sur mes genoux , Et de cent baisers appaise De mon cceur la chaude braise.
Donne-m'en bec contre bec, Or' un moite, ores un sec.
Or' un babillard , et ores Un qui soit plus long encores Que ceux des pigeons mignars, Couple à couple fretillars.
Hà làl ma douce guerrière.
Tire un peu ta bouche arrière :
I . Les quatre vers qui précèdent se trouvent pour la première fois dans l'édition de i {76.
Le dernier baiser donné A tellement estonné De mille douceurs ma vie Qu'il me l'a presque ravie, Et m'a fait voir à demy Le nautonnier ennemy Et les plaines où Catulle , Et les rives où Tibulle, Pas à pas se promenant , Vont encores maintenant De leurs bouchettes bjesmies Rebaisottans leurs amies.