‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 19 sur 227 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

Par un destin dedans mon cœur demeure L'œil , et la main . et le poil délié , Qui m'ont si fort bruslé , serré , lié , Qu'ars , prins , lacé , par eux faut que je meure.

Le feu , la serre et le ret , à toute heure Ardant , pressant , nouant mon amitié , Occise aux pieds de ma fiére moitié f^), Font par sa mort ma vie estre meilleure.

Œu , main et poil , qui bruslez et gennez ,

pye. Zéthès, fils de Borée, délivra Phinée des Harpies qui le tourmentoient. (M.)

1. Ce sonnet est de ceux qu'on appelle Rapoortez. Les anciens appeloient ceste figure : Paria parihus readita. (M.)

2. Cela est pris de Platon , dans un dialogue duquel , qui se nomme le Banquet , ou de l'Amour , Aristophane raconte que les hommes estoient au commencement doubles , mais que Jupiter après les partit par le milieu , et que depuis un chacun cheKhe sa moitié. De là dit-il que l'amour procède. (M.)

12 Amours.

Et enlacez mon cœur que vous tenez Au labyrint de vostrc crespe voye ,

Hé [que ne suis-je Ovide bien disant ?

Œil, tu serais un bel astre luisant; Main , un beau lis; poil , un beau ret de soye.

XVIII(i).

Un chaste feu qui en Pâme domine (j), Un or frisé de maint crespe anelet, Un front de rose, un teint damoiselet, Un ris qui Tame aux astres achemine,

Une vertu de telles grâces digne, Un cœur de neige , une gorge de lait , Un cœur ja meur en un sein verdelet , En dame humaine une beauté divine ,

Un oeil puissant de faire jours les nuits, Une main forte à piller les ennuis , Qui tient ma vie en ses doigts enfermée ,

Avec un chant découpé doucement , Or' d*un sous-ris, or* a'un gémissement, De tels sorciers ma raison lut charmée.

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