PIECES RETRANCHÉES DES AMOURS
as ! pleust à Dieu n'avoir jamais tâté Si follement le tetin de m'amie! [vie Sans ce malheur, l'autre plus grande en-
Jamais, helas! ne m'eust le cœur tenté.
Comme un poisson , pour s'estre trop hâté , Par un appast , suit la fin de sa vie , Ainsi je vais où la mort me convie , D'un beau tetin doucement apâté.
Qui eust pensé que le cruel destin Eust enfermé sous un si beau tetin (Jn si grand feu, pour m'en faire la proye?
Avisez donc quel seroit le coucher Entre ses bras, puis qu'un simple toucher De mille morts innocent me foudroyé !
*ay cent fois espreuvé les remèdes d'Ovide , Cent fois [e les espreuvé encore tous les jours , Pour voir si je pourray de mes vieilles amours , Qui trop m'ardent le cœur, avoir l'estomach vuide. Mais cet amadoueur. qui me tient à la bride, Me voyant approcher au lieu de mon secours, Maugré moy tout soudain fait vanoyer mon cours. Et d où je vins mal-sain malade il me reguide.
)9o Pièces
Hil poète romain, il te lut bien-aisé,
Suand a'une courtizane on se voit embrasé, onner quelque remède à fin qu'on s'en dépestre: Mais lliomme accort qui voit les yeux de mon soleil, Qui n'a de chasteté ni (Phonneur son pareil, PTus il est son esclave et plus il le veut estre.
A ton frère Paris (') tu semblés en beauté, A ta sœur Polyxene en chaste conscience, A ton frère Helenin en prophète science, A ton parjure ayeul en peu de loyauté;
A ton père Priam en brave royauté, Au vieillard Antenor en mielleuse éloquence , A ta tante Antigone en superbe arrogance, A ton grand frère Hector en fiere cruauté.
Neptune n'assit onc une pierre si dure Dedans le mur Troyen que toy, pour qui j'endure Un million de morts, ny Ulysse vain()ueur
N'emplit tant Ilion de feux, de cris et d'armes, De souspirs et de pleurs, que tu combles mon cœur De brasiers et de morts, de sanglots et de larmes.