I. Tiré de Catulle, qui dit
Miser Catalle , desinas ineptire.
Et quod vides periisse , perditum ducu*
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D'on autre clin tout soudain me refaire »
Me faisant vivre ou mourir en deux coups.
Quand je serois cinq cens mille ans en vie , Autre que vous, ma mignonne, m'amie^ Ne me feroit amoureux devenir.
Il me faudroit refaire d'autres veines; Les miennes sont de vostre amour si pleines.
Qu'un autre amour n'y sçauroit plus tenir.
XXXVI (i$6o).
Pour aimer trop une fiere beauté , Je suis en peine, et si ne sçaurois dire D'où ny comment me survint mon martire , Ny à quel jeu je perdy liberté.
Si sçay-je bien que je suis arresté Au lacs d'Amour; et si ne m'en retire, Ny ne voudrois, car plus mon mal empire, Et plus je veux y estre mal-traitté.
Je ne dy pas , s'elle vouloit un jour Entre ses bras me guarir de l'amour, Que son vouloir bien à gré je ne prinse.
Hé. Dieu du ciel! hé, qui ne le prcndroit !
9uana seulement de son baiser un prince , bire un grand Dieu, bien-heureux se tiendroit.
XXXVII ds^o).
Dictes , maistrcsse, hé que vous ay-je fait? Hé pourquoy, las ! m'estes-vous si cruelle ?
Ay-je failly de vous estre fidelle , Ay-ie envers vous cpmmis quelque forfait(') ?
Dictes, maistresse, hél que vous ay-je fait?
Hé pourquoy, las! m'estes-vous si cruelle ?
Ay-je failly ae vous estre fidelle,
I. Il répète les quatre preniien vers, d'une mignardise ^oi n'a point mauvaise grâce , encore que la loi du somid ■e le permette. (B.)
RETRANCH-ÉES. 407
Ay-je envers vous commis quelque forfait ?
Certes^ nenny, car plustost que de faire Chose qui deust tant soit peu vous desplaire, J 'aimerois mieux le trespas encourir.
Mais je voy bien que vous bruslez d'envie De me tuer: faictes-moy donc mourir, Puis qu'il vous plaist, car à vous est ma vie.
XXXVIII (is6o).
Plus que jamais je veux aimer, maistresse , Vostre bel œil , qui me détient ravy Mon cœur chez luy du jour que je le vy.
Tel , qu'il sembloit celuy d'une déesse.
C'est ce bel œil qui me paist de liesse ; Liesse , non , mais d'un mal dont je vy ; Mal , mais un bien qui m'a tousjours suivy, Me nourrissant de joye et de tristesse.
Déjà deux ans évanouis se sont Que vos beaux yeux, en me riant, me font La playe au cœur, et si ne me soucie
Quand je mourrois d'un mal si gracieux , Car rien ne part de vous ny de vos yeux Qui ne me soit trop plus cher que la vie.
XXXIX (is6o).
entil barbier, enfant de Podalire( 1)9 Je te supply, saigne bien ma maistresse, Et qu'en ce mois, en saignant, elle laisse Le sang gelé dont elle me martire.
Encore un peu dans la palette tire De son sang froid, ains dé sa glace espesse, Afin qu'après en sa place renaisse Un sang plus chaud, quj de m'aimer l'inspire. Ha! comme il sort! c'estoit ce sang si noir
I. Podalire estoit fils d'Esculape et frère de Machaon, tous deux célèbres pour avoir excellé en l'art de médecine. (B.)
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Sue je n'ay peu de mon chant émouvoir n sousptrant pour eHe mainte année.
Ha! cest assez, cesse, gentil barbier.
Ha , je me pasme ! et mon ame estonnée S'évanouist en voyant son meurtrier.