‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 21 sur 227 · Ce Sonnet est tiré de Pétrarque, 179, i · texte numérisé non relu

Ce Sonnet est tiré de Pétrarque, 179, i

2. Cassandre, fille à Priam, fut prophète. Il feint que sa Cassandre Test aussi. (M.)

Premier Livre. 13

Tu seras fait du vulgaire la fable, Tu bastiras sur Pincertain du sable , Et vainement tu peindras dans les aeux.

Ainsi disoit la nymphe qui m'afFolle, Lors Que le ciel , témom de sa parolle, D'un aextre éclair fut présage a mes yeux.

Je voudrois bien, richement jaunissant.

En pluye d'or goutte à goutte descendre Dans le giron de ma belle Cassandre, Lors qu'en ses veux le somme va slissant;

Puis je voudrois, en taureau blanchissant Me transformer, pour sur mon dos la prendre Quand elle va sur Therbe la plus tendre Seule , à l'écart , mille fleurs ravissant (« ).

Je voudrois bien , pour alléger ma peine , Estre un Narcisse , et elle une fontaine , Pour m'y plonser une nuict à séjour,

Et voudrois bien que ceste nuit encore Fust éternelle, et que jamais l'Aurore Pour m'éveiller ne r'allumast le jour.

Çj u'Amour mon cœur, qu'Amour mon ainesonde,

^^^^Luy qui cognoist ma seule intention ,

Il trouvera que toute passion

Vefve d'espoir par mes veines abonde.

Mon Dieu, que j'aime! Est-il possible au monde De voir un cœur si plein d'affection Pour la beauté d'une perfection Qui m'est dans l'ame en playe si profonde ?

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