‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 22 sur 227 · L.e cheval noir qui ma royne conduit · texte numérisé non relu

L.e cheval noir qui ma royne conduit

â. Vit. :

Qtt£Mdcn avril, par Vherbe la plus Undn, Elit va, fieur, mille fitan rwnssanL.

14 Amours.

Suyvant le traq où ma chair Ta séduit, A tant erré d'une vaine traverse ,

Que j'ai srand peur (si le blanc ne contraint Sa course folle , et ses pas ne refraint Dessous le joug] que ma royne ne verse (>].

XXIIW.

Cent et cent fois penser un penser mesme, A deux beaux yeux monstrer à nud son cœur, Boire tousjours d'une amere liqueur, Manger tousjours d'une amertume extrême ;

Avoir la face et triste , et morne , et blesme , Plus souspirer, moins fléchir la rigueur, Mourir d'ennuy, receler sa langueur, Du vueil d'autruy des loix faire à soy-mesme.

Un court despit , une aimantine foy, Aimer trop mieux son ennemy que soy.

Peindre en ses yeux mille vaines figures ;

Vouloir parler et n'oser respirer, Espérer tout et se désespérer.

Sont de ma mort les plus certains augures.

Ce beau coral , ce marbre oui soupire , Et cest ebene ornement a'un sourci , Et cest albâtre en voûte racourci , Et ces saphyrs , ce jaspe et ce porphyre ; Ces diamans. ces rubis, qu un zephyre Tient animez a'un soupir adouci , Et ces œillets et ces roses aussi ,

1 . Par sa royne il entend sa raison ; par le cheval noir, an appétit sensuel et desordonné , guidant l'ame aux voluptez chamelles ; par le cheval blanc , un appétit honneste et modéré, tendant toujours au souverain bien. Geste allégorie est extraite du dialogue de Platon nommé Phsdon , ou De la beauté. (M.)

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