LXV
Plus que mes yeux j'aime tes beaux cheveux, Liens d'Amour que l'or mesme accompaîgne, Et suis jaloux du bon-heur de ton peigne , Qui au matin desmesie leurs beaux nœuds.
En te peignant il se fait riche d'eux , Il les desrobe, et l'Amour, qui m'enseigne D'estre larron , commande que je preigne Part au butin, assez grand pour tous deux^
Mais je ne puis, car le peigne fidelle Garde sa proye, et puis ta damoiselle Serre le reste , et me l'oste des doigts.
cruautez! 6 beautez trop iniques !
Le pellerin touche bien aux reliques Par le travers d'une vitre ou d'un bois.
Mon ame vit en servage arrestée; Il adviendra j dame, ce qu'il pourra; Le cœur vivra te servant, et mourra; Ce m'est tout un , la chance en est jettée.
I. Ce sonnet et le suivant se trouvent dans Téd. àt 1578, parmi les sonnets pour Astrée.
Je suis joyeux dequojr tu m'as ostée La liberté, et mon esprit sera .
D'autant heureux que serf il se verra De ta beauté , des astres empruntée.
Il est bien vray que de nuict et de jour Je me complains des embusches d'Amour, Qui d'un penser un autre fait renaistre.
C'est mon seigneur, je ne le puis haïr; Vueille ou non vueille , il faut luy obeïr.
Le serviteur est moindre que son maistre.