I. Mots faits à Pimitation de Pétrarque, sonnet i6i, i
Non spero del mio afianno haver mai posa In fin , ch' i mi disosso , e snervo , e spolpo.
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Premier Livre. 3J
Verray-je point le doux jour qai m'apporte Ou trêve ou paix , ou la vie ou la mort y Pour édenter le souci qui me mord Le cœur à nu d'une lime si forte ?
Verray-je point que ma naïade sorte Du fond de leau pour m'enseigner le port?
Viendray-ie point, ainsi qu'Ulysse, â tord, Ayant au flanc son linge pour escorte(i) ?
Verrav-je point que ces astres jumeaux En ma faveur, encore par les eaux , Monstrent leur flame à ma carène lasse?
Verray-je point tant de vents s'accorder, Et calmement mon navire aborder, Comme il souloit , au havre de sa grâce ?
Çy uel Dieu malin, auel astre, me fit estre ^^^Et de misère et Je tourment si plein ?
8 uel destin fit que tousjours je me plam e la rigueur d un trop rigoureux maistre?
Quelle des Sœurs, a l'heure de mon estre, Noircit le fil de mon sort inhumain ?
Et quel démon d'une senestre main Berça mon corps quand le ciel me fit naistre ?
Heureux ceux-là dont la terre a les os !
Heureux ceux-là que la nuict du chaos Presse au giron de sa masse brutale 1
Sans sentiment, leuc repos est heureux; Que suis-je , las ! mov, chetif amoureux.
Pour trop sentir, qu un Sisyphe ou Tantale?
1. Ulysse, assailli par une tempête, reçut de la nymphe Leucothée une écharpe qui le soutint sur Teau jusqu'à ce qu'il eut pris tene. {Odyssée y liv. 5e.)
Ronsard, — I. 1
LVII(i).
Divin Bellay, dont les nombreuses lois , Par une ardeur du peuple séparée , Ont revestu l'enfant de Cytherée D'arc , de flambeau , de traicts et de carquois ;
Si le doux feu dont jeune tu ardois Enflame encor' ta poitrine sacrée ; Si .ton oreille encore se recrée D'ouïr les plaints des amoureuses vois ;
Oy ton Ronsard , qui sanglote et lamente , Pâle , agité des flots de la tourmente , Croizant en vain ses mains devers les cieux ,
En fraile nef, et sans voile et sans rame, Et loin du bord où, pour astre, sa dame Le conduisoit du phare de ses yeux.
Çj uand le soleil à chef renversé plonge ^V.Son char doré dans le sein du Vieillard (>) , Et que la nuict un bandeau sommeillard
1 . Du Bellay luy avoit écrit un sonnet presque semblable dans son Olive.
Divin Ronsard , qui de l'arc à sept cordes Tiras premier au but de la Mémoire Les traits ailez de la françoise gloire , Que sur ton luth hautement tu accordes, fameux harpeur et prince de nos odes , Laisse ton Loir, hautain de ta victoire , Et vien sonner au rivage de Loire De tes chansons les plus nouvelles modes.
Enfonce l'arc du vieil Thebain archer, Où nul que toi ne sceut onc encocher Des doctes sœurs les sagettes divines.
Porte pour moy parmy le ciel des Gaules Le sainct honneur des nymphes angevines , Trop pesant faix pour mes foibles espaules.
2. Description de la nuict prise de Pétrarque, i8i, i. "^ i^uando'l sol bagna in mar l'aurato carro, etc.
Lt Vieillard , c'est Neptune.
Premier Livre. )5
Oçs deux côtés de rhorizon allonge,
Amour adonc, oui sape, mine et ronge De ma raison le chancelant rampart, Pour Tassaillir, i l'heure, à l'heure , part, Armant son camp des omores et du songe.
Lors ma raison, et lors ce Dieu cmel, Seuls pair à pair, d'un choc continuel Vont redoublant mille escarmouches fortes;
Si bien qu'Amour n'en seroit le vainqueur Sans mes pensers, qui luy ouvrent les portes Par la traison que me brasse mon cœur.
LIX(i).
Comme un chevreuil , quand le printemps dètnnt Du froid hyver la poignante gelée .
Pour mieux brouter la fueille emmiellée , Hors de son bois avec l'Aube s'enfuit ;
Et seul , et seur, loin des chiens et du bnût , Or' sur un mont, or' dans une valée, Or' prés d'une onde à l'escart recelée.
Libre, folâtre où son pied le conduit ;
De rets ne d'arc sa liberté n'a crainte , Sinon alors que sa vie est atteinte D'un trait meurtrier empourpré de son sang;
Ainsi j'allois , sans espoir de dommage , Le jour qu'un œil, sur ravril de mon âge, Tira d'un coup mille traits dans mon flanc.
LX(a).
NT V voir flamber au point du jour les roses , 1 1 Ny lis plantez sur le bord a'un ruisseau ,