La tête de Méduse. Voir Ovide
46 Amours.
Mais , las ! je vy chetif et langoureux Pour sçavoir trop mes misères comprendre.
Las ! pour vouloir en ma jeunesse apprendre Trop de sçavoir, je me fis mal-heureux.
Mon Dieu , que n'ai-je au chef Tentendement Aussi plombé qu'un qui journellement Bêche à la vi^ne ou fagotte au bocage !
3e ne serois chétif comme je suis ; Mon trop d'esprit, qui cause mon dommage, Ne comprendroit comme il fait mes ennuis (a).
Si je trespasse entre tes bras , Madame , Il me suffit : car je ne veux avoir Plus grand honneur si non que de me voir, En te baisant, dans ton sein rendre l'ame.
Celuy que Mars horriblement renflame , Aille à la guerre, et, d'ans et de pouvoir Tout furieux , s'esbate à recevoir En sa poitrine une espagnole lame.
Mais moy, plus froid, je ne requiers sinon.
Après cent ans , sans gloire et sans renom Mourir oisif en ton giron , Cassandre :
Car je me trompe, ou c'est plus de bon-heur D'ainsi mourir, que d'avoir tout l'honneur, Pour vivre peu, d'un monarque Alexandre.
a. Var. :
Ji voudrais estre un pitaut de village, Sot, sans raison, et sans entendement , Oufagoteur qui travaille au bocage.
Je n*aurois point en amour sentiment.
Le trop d* esprit me cause mon domage, Et mon mal vient de trop de jugement.
Premier Livre. 47.
Pour voir ensemble et les champs et le boit ( > } , Où ma guerrière avec mon cœur demeure , Aime soleil , demain avant ton heure Monte à cheval et galopoe bien fort.
Voicv les champs où 1 amiable effort De ses beaux yeux ordonne que je meure Si doucement qu'il n'est vie meilleure Que les soupirs d'une si douce inort 1
A costé droit , sur ce bord du rivage , Reluit à part Tangelique visage Que trop avare ardentement je veux.
Là ne se voit fontaine ny verdure Qui ne remire en elle la figure De ses beaux yeux et de ses beaux cheveux.
Pardonne-moy, Platon , si je ne cuide Que sous le rond de la voûte des Dieux , Soit hors du monde ou au profond des lieux Que Styrx emmure, il n'y ait Quelque vuide.
Si l'air est plein en sa courbure humide ,
?ui reçoit donc tant de pleurs de mes yeux , ant de soupirs que je sanglote aux cieux , Lors qu'à mon dueil Amour lasche la bride ?
II est du vague , ou certes , s'il n'en est , D'un air pressé le comblement ne naist.
Plustost le ciel, qui piteux se dispose A recevoir l'eftect de mes douleurs , De toutes parts se comble de mes pleurs , Et de mes vers qu'en mourant je compose 1