‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 39 sur 227 · Toscans, Italiens · texte numérisé non relu

Toscans, Italiens

3. Les soldats d'Ulvsse, changez en porcs. Duliche estoit une isie de laquelle Ulysse estoit seigneur. Voyez le Xe liv. de rodyssée.

4. Voyez PArioste, quand Astolphe remet le sens i Roland, qui estoit devenu furieux d'amour.

• 5. A qui mieux. La métaphore semble estre prinse des haroois. (M.)

44 Amours.

Dés Tonde Ibère où le Soleil s'abreuve Jusques au lit de son premier réveil , Amour ne void un miracle pareil , Sur qui le Ciel tant de ses grâces pleuve.

Cet œil premier m'apprit que c est d'aimer, Il vint premier ma jeunesse animer A la vertu , par ses flammes dardées.

Par lui mon cœur premièrement s'aila , Et loin du peuple à 1 écart s'envola {a) Jusqu'au giron des plus belles idées (0.

Je parangonne à vos yeux ce crystal , Qui va mirer le meurtrier de mon ame ; Vive par l'air il esclate une flame, Vos yeux un feu qui m'est saint et fatal.

Heureux miroër ! tout ainsi que mon mal Vient de trop voir la beauté qui m 'enflante , Comme je fay, de trop mirer ma dame Tu languiras d'un sentiment égal.

Et toutefois , envieux , je t'admire D'aller mirer le mirocr où se mire Tout l'univers devant lui remiré.

Va donq', miroër, va donc^ et pren bien garde

gu'en le mirant ainsi que moi ne t'arde our avoir trop ses beaux yeux admiré.

les combats des amoureuses nuits ,

y les plaisirs que les amours conçoivent ,

Nf,

a. Var. :

L'esprit par luj désira la vertu, Pour s'en-vofer par un trac non batu.

I . Jusqu'à la divinité. Les platoniques disoient en l'esprit de Dieu estre certains étemels patrons et pourtraiu de toutes choses, lesquels ils nommoient Idées, (M.)

Premier Livre. 45

Ny les faveurs que les amans reçoivent, Ne valent pas un seul de mes ennuis.

Heureux ennui ! en toi seulet je puis Trouver repos des maux qui me déçoivent, Et par toy seul mes passions reçoivent Le doux oubly du tourment où je suis.

Bien-heureux soit mon tourment qui n'empire , Et le doux joug sous lequel je respire !

Et bien-heureux le penser soucieux

Qui me repaît du doux souvenir d'elle !

Et pTus heureux le doux feu de ses yeux , Qui cuit mon cœur dans un feu qui me gelle !

LXXVII(i).

Le sang fut bien maudit de la hideuse face (3) Qui premier engendra les serpens venimeux f Tu ne devois , Hélène , en marchant dessus eux , Leur écrazer les reins et en perdre la race.

Nous estions l'autre jour en une verte place , Cueillans , m'amie et moy, les fraisiers savoureux ; Un pot de cresme estoit au milieu de nous deux, Et sur du jonc du laict cailloté comme glace ;

Quand un vilain serpent de venin tout couvert , Par ne sçay auel malheur, sortit d'un buisson vert Contre le piea de celle à qui je fay service

Pour la blesser à mort de son venin infait :

Et lors je m'escriay, pensant qu'il nous eust fait, Moy un second Orphée, et elle une Eurydice.

LXXVIH.

Ha ! petit chien , que tu es bien-heureux , Si ton bon-heur tu sçavois bien entendre.

D'ainsi es bras de ma mie t'estendre Et de dormir en son sein amoureux !

1 . Ce sonnet seul des amours de Cassandre est de douz syllabes.

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